Lors de la manifestation samedi après-midi à Toulouse, un homme n’a pas supporté qu’un policier interpelle un jeune suspect. Ce sexagénaire lui a porté un coup de parapluie avant d’attraper les parties intimes d’un autre fonctionnaire. Explication avec un ancien de « toutes » les manifestations devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Un peu voûté à la barre, Franck comparaît pour la première fois devant la justice. Le président Rives qualifie la scène objet de poursuites de « lunaire ». L’homme aux cheveux poivre et sel baisse la tête. « Je n’aurais pas dû. Je ne sais pas ce qui m’a pris », admet ce manifestant d’habitude. Cet ancien Gilet jaune a aussi marché contre l’A69, et donc samedi contre la vie chère.
« Un jeune gars a été interpellé devant moi. Je n’ai pas réfléchi… », raconte Franck, pas franchement à l’aise. Le policier qui venait d’arrêter un jeune garçon qui sortait de la FNAC les bras chargés a pris un coup de parapluie au centre de Toulouse.
« Je n’ai pas voulu faire mal… »
Une de ses collègues qui a bousculé l’agresseur pour le mettre à terre dit avoir été saisie au niveau de ses parties génitales. « J’ai assisté à l’arrestation. Je n’ai pas voulu faire mal. Ce que j’ai fait est ridicule », admet le prévenu. La présidente confirme et précise : « Les policiers ne s’en prennent jamais à des gens qui n’ont rien fait… ».
En soutien des policiers, Mes Thomas Herin-Amabile et Olivier Bonhoure demandent réparation. « Quand il a été frappé, mon client n’a pas compris », confirme Me Herin-Amabile. Son confrère se montre sévère face aux dénégations du prévenu : « Quel intérêt aurait mon client de dire qu’il a été attrapé au niveau de ses parties intimes ? Cet homme est lâche et fourbe. Il fuit ses responsabilités. »
Pas « un délinquant violent »
La procureure appuie les policiers et condamne « une attitude choquante ». Contre cet homme marqué par la vie et sans passé judiciaire, elle requiert six mois de prison sous bracelet électronique, plus une interdiction de paraître à Toulouse et de manifester.
« Cet homme est un idéaliste qui n’a pas su freiner sa colère », le défend Me Marjolaine Grouteau. Mais pour l’avocate, qui conteste le coup dans les parties « faute d’éléments objectifs », le coup de parapluie ne fait pas de son client « un délinquant violent et dangereux. Rien sur son casier. Son geste ne mérite pas la détention. »
Une audience, sept mandats de dépôt
Le tribunal a vite délibéré. La culpabilité a été confirmée et Franck a été condamné à trois mois de prison « avec mandat de dépôt ». Il devra aussi verser 500 euros de dommages et intérêts aux deux policiers. Franck est parti surpris, et décontenancé, vers la prison.
Comme Franck, les six manifestants auteurs de dégradations, ou d’actes de violences sur les forces de l’ordre qui ont comparu mardi lors de l’audience correctionnelle ont été incarcérés. Parmi eux une femme âgée de 28 ans, arrêtée ivre à 5 heures du matin (!), dimanche, avec une barre de fer à la main. Elle venait d’essayer de briser la vitrine d’un coiffeur rue de Metz… Ces prévenus ont tous été reconnus coupables.













