À quelques jours du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, et à l’approche des municipales de 2026, Oxfam France alerte dans un communiqué relayé le 3 mars sur la place encore limitée de l’égalité femmes-hommes dans les exécutifs locaux. Selon l’organisation, dans plus de la moitié des grandes villes d’Occitanie, aucun·e élu·e n’est spécifiquement chargé·e de ces questions.
À l’approche des élections municipales, Oxfam France publie un rapport consacré aux politiques locales en matière d’égalité femmes-hommes. L’organisation y analyse la place accordée aux droits des femmes dans les conseils municipaux des principales villes françaises. Premier constat : l’égalité femmes-hommes reste encore peu incarnée politiquement dans de nombreuses collectivités.
En Occitanie, un bilan jugé mitigé
Dans le Sud-Ouest de la France, les résultats varient selon les régions. Oxfam souligne notamment des avancées en Nouvelle-Aquitaine. En Occitanie, le bilan apparaît plus contrasté. Selon l’analyse de l’organisation, dans un tiers des grandes villes de la région, l’égalité femmes-hommes est portée par une adjointe au maire. Mais dans plus de la moitié des cas, aucun élu n’est spécifiquement chargé de cette question, un résultat inférieur à la moyenne nationale. La région Occitanie compte plusieurs grandes villes concernées par cette analyse, parmi lesquelles Montpellier, Perpignan, Tarbes, Albi ou encore Montauban.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de faible féminisation du pouvoir local. En France, si les femmes représentent plus de 40 % des conseillers municipaux, elles ne sont que 20 % à occuper la fonction de maire. Sandra Lhote Fernandes, responsable de la campagne Justice de genre à Oxfam France, rappelle ainsi dans le communiqué : « Les villes ont longtemps été faites par et pour les hommes, sans se soucier des enjeux liés à l’égalité de genre. Pour preuve : seulement un·e maire sur cinq est une femme. »
Des exemples contrastés dans plusieurs villes d’Occitanie
Le rapport cite également plusieurs collectivités pour illustrer les écarts entre territoires. En matière d’égalité professionnelle au sein des administrations municipales, certaines villes du Sud-Ouest obtiennent de bons résultats. C’est notamment le cas de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, qui atteint un score de 98 sur 100 à l’index Egapro, ou encore Albi, dans le Tarn, avec 97 sur 100.
À l’inverse, d’autres collectivités apparaissent en retrait. Montauban, en Tarn-et-Garonne, affiche un score de 67 sur 100, tandis que Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, obtient 73 sur 100 sur cet indicateur mesurant l’égalité professionnelle au sein des administrations locales. Certaines villes ont également développé des politiques locales spécifiques. À Montpellier, la municipalité a par exemple mis en place un « bouclier social » destiné notamment à faciliter l’accès aux solutions de garde pour les familles monoparentales. Dans l’Aude, la commune de Bram a également repensé l’aménagement de ses cours de récréation afin de favoriser une utilisation plus équilibrée de l’espace entre filles et garçons.
Des délégations encore très marquées par les stéréotypes
Le rapport met également en lumière la répartition très genrée de certaines délégations au sein des exécutifs municipaux. Dans les grandes villes françaises, certains domaines restent largement confiés à des hommes, notamment les finances ou les postes considérés comme stratégiques. À l’inverse, les secteurs liés au social ou à la petite enfance sont majoritairement occupés par des femmes. Selon Oxfam, 72 % des élu·es en charge des finances sont des hommes, tandis que 94 % des élu·es responsables de la petite enfance sont des femmes.
Pour l’organisation, cette répartition contribue à maintenir des inégalités dans l’accès aux postes les plus influents. « Cette division sexuée des fonctions perpétue les stéréotypes anciens et limite l’accès des femmes aux postes décisionnels les plus influents », souligne Sandra Lhote Fernandes.
Un scrutin présenté comme une opportunité pour la parité
Pour Oxfam, les prochaines élections municipales pourraient représenter une étape importante pour renforcer la place des femmes dans les exécutifs locaux. Le scrutin de 2026 marquera en effet une évolution institutionnelle : pour la première fois, la parité s’appliquera à l’ensemble des communes françaises. « Cette élection historique doit être l’occasion de corriger le tir et de nommer davantage de femmes aux plus hauts postes de pouvoir au sein des exécutifs municipaux et intercommunaux », souligne Sandra Lhote Fernandes.
À moins de deux semaines du premier scrutin, l’organisation appelle ainsi les candidats et candidates à intégrer davantage les enjeux d’égalité femmes-hommes dans leurs programmes locaux.






















