Parents, enseignants et citoyens du Lot-et-Garonne appellent à la mobilisation le 12 mars devant la direction académique à Agen. En cause : des suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2026 et des inquiétudes sur l’avenir de l’école publique dans le département.
Dans plusieurs territoires d’Occitanie, les établissements scolaires doivent déjà composer avec un manque d’enseignants et des remplacements parfois difficiles à assurer. Dans certaines écoles ou collèges, les absences non remplacées perturbent l’organisation des classes et compliquent le quotidien des équipes éducatives. C’est dans ce contexte plus large de tension autour des moyens de l’Éducation nationale que la mobilisation prend forme en Lot-et-Garonne, où parents et enseignants dénoncent une nouvelle baisse des postes à la rentrée prochaine.
Une grève annoncée le 12 mars à Agen
Dans un communiqué publié le 5 mars 2026, le Collectif de défense de l’école publique en Lot-et-Garonne appelle à une mobilisation départementale. « Toutes et tous en grève contre la casse de l’école publique en Lot-et-Garonne », écrit le regroupement, qui donne rendez-vous le jeudi 12 mars à 13h30 devant la DSDEN d’Agen.
Le texte évoque une baisse des moyens humains dans les établissements scolaires du département pour la rentrée 2026. Selon le collectif, ce sont « moins 11,5 postes dans le premier degré et moins 27 postes dans le second degré » qui sont annoncés. Pour les membres du réseau, ces réductions auront des conséquences directes dans les écoles et les établissements. Le communiqué évoque notamment « des classes surchargées, des classes supprimées, des élèves sacrifiés, des options menacées, des écoles fermées » ainsi qu’« une perte d’attractivité de notre territoire ».
Des inquiétudes sur l’avenir de l’école publique
L’organisation, qui regroupe parents d’élèves, enseignants et citoyens, estime que la situation dépasse la simple question budgétaire. « Nous tirons la sonnette d’alarme. Pour que l’école publique ne devienne pas une garderie low-cost, il est temps de s’unir », écrivent les membres. Le texte appelle à défendre « l’égalité des chances et le principe constitutionnel d’égalité de tous devant le service public ». Pour ses signataires, la baisse démographique évoquée pour justifier certains redéploiements ne devrait pas conduire à réduire les moyens éducatifs. Au contraire, ils estiment que cette évolution pourrait être l’occasion d’améliorer l’accompagnement des élèves.
Dans un second texte publié le 7 mars 2026, le collectif décrit plusieurs situations qui, selon lui, illustrent les conséquences possibles de ces décisions. Le communiqué évoque par exemple « Yanis, 6 ans », dont la classe de CP pourrait être supprimée. « Sa classe de CP sera supprimée. Yanis sera “fusionné” dans une classe triple niveau », explique le collectif. Le texte cite aussi « Sarah, 11 ans », une élève qui devrait intégrer un dispositif ULIS mais pour laquelle aucune place ne serait disponible. « Elle n’est pas “incluse”, elle est juste présente », écrivent les auteurs du communiqué. Le mouvement mentionne également la fermeture d’écoles dans certains villages et les conséquences sur les trajets des élèves.
Des enseignants également concernés
Les enseignants sont aussi évoqués dans ce communiqué. Le groupe de défense cite le cas d’un professeur expérimenté confronté à la multiplication des tâches et à l’absence de remplaçants. « Quand Marc tombe malade, il n’est pas remplacé. La classe reste vide », indique le texte. Les élèves sont alors répartis dans d’autres classes, ce qui augmente encore les effectifs.
Au-delà du département, le collectif estime que la question des moyens alloués à l’école publique mérite un débat national. Dans son communiqué, il affirme que les choix budgétaires actuels posent la question des priorités. « Une nation qui mise plus sur ses armées que sur sa jeunesse aurait-elle renoncé à son avenir ? », interrogent les signataires. Enfin, le groupe appelle les habitants du département à se mobiliser et à interpeller les élus locaux : « Demain, il sera trop tard pour s’indigner. C’est aujourd’hui que nous devons dire STOP ».
La journée de mobilisation du 12 mars à Agen pourrait rassembler enseignants, parents d’élèves et citoyens. Les organisateurs espèrent susciter un débat sur l’avenir de l’école publique dans le département. Le collectif appelle ainsi à « construire une mobilisation d’ampleur pour sauver notre école publique ». Reste désormais à voir si cette mobilisation entraînera une réponse des autorités académiques ou une évolution des décisions concernant la rentrée scolaire 2026.

















