Le 6 mars 2026, le Conseil départemental de Lot-et-Garonne a détaillé, dans un dossier de presse, les mesures d’urgence engagées après les crues et tempêtes qui ont frappé le territoire en février. Objectif : réparer les infrastructures endommagées, protéger les habitants les plus fragiles et accompagner communes et agriculteurs touchés par la catastrophe.
Dans l’ensemble du Sud-Ouest, 193 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle après des épisodes d’inondations et de coulées de boue liés à la montée des cours d’eau entre le 9 et le 24 février. Cette reconnaissance a été officialisée par un arrêté interministériel daté du 24 février 2026 et publié au Journal officiel le lendemain. Dans le département du Lot-et-Garonne, 63 communes sont concernées, soit près d’un tiers du territoire lot-et-garonnais. Une situation qui illustre l’ampleur des dégâts provoqués par ces intempéries exceptionnelles.
Dans ce contexte d’urgence, marqué par des dégâts importants et une reprise progressive de la vie quotidienne, le Conseil départemental a annoncé un plan d’action exceptionnel. Selon la collectivité, plus de 5 millions d’euros sont mobilisés afin de réparer les infrastructures, soutenir les habitants et aider les territoires à se relever après les tempêtes Nils et Pédro.
Des routes et infrastructures fortement touchées
Les épisodes climatiques ont mis à rude épreuve le réseau routier et les équipements publics du département. Pendant la crise, 170 agents de la Direction des infrastructures ont été mobilisés, dont 87 en astreinte, pour faire face aux nombreuses urgences. Au total, près de 450 interventions ont été réalisées, dont 160 durant la seule nuit du 11 au 12 février, principalement pour des chutes d’arbres et des inondations. Au plus fort des crues, la situation était particulièrement critique : 75 routes départementales coupées, plusieurs ponts fermés à la circulation, seuls trois ponts agenais — Beauregard, Pierre et Camélat — restés ouverts pour franchir la Garonne.
Les perturbations ont aussi provoqué un afflux inédit sur le site d’information routière du département. « Le site Inforoute 47 a connu un pic de connexion avec plus de 90 000 visites, contre habituellement environ 1 000 par mois », précise le dossier de presse. Pour lancer les premières réparations, 3,4 millions d’euros ont été immédiatement sanctuarisés afin de sécuriser les routes et restaurer les ouvrages endommagés. Les bâtiments départementaux ont été moins touchés : sept collèges ont subi des dégâts extérieurs limités, permettant une reprise normale des cours dès le 23 février, pour un coût de réparation estimé à 75 000 euros.
Soutenir les habitants les plus fragiles
Au-delà des infrastructures, la crise a également impacté le quotidien de nombreux habitants, notamment les personnes âgées ou dépendantes. Pendant les intempéries, les services sociaux du département sont restés mobilisés. Les centres médico-sociaux ont continué d’accueillir le public, tandis que la continuité des soins a été assurée dans les EHPAD.
Les difficultés se sont toutefois fait sentir du côté de l’aide à domicile. Les intempéries ont empêché la réalisation d’environ 2 400 heures d’intervention. Pour éviter que ces perturbations ne pénalisent les bénéficiaires ou les structures d’aide, le Département a pris une décision exceptionnelle : payer les heures non réalisées et prendre en charge la part normalement réglée par les usagers. Une mesure qui représente 240 000 euros. Le monde agricole, également très touché, bénéficie de dispositions spécifiques.
Accompagner communes
La reconstruction passe aussi par l’accompagnement des collectivités locales. Le Département a décidé de mobiliser son agence Lot-et-Garonne Ingénierie pour aider les communes à faire face aux démarches techniques et administratives. Ce dispositif permet notamment : d’établir un diagnostic des dégâts, de préparer les déclarations de sinistre, d’apporter une expertise technique et d’accompagner les projets de réparation. L’accompagnement est proposé gratuitement aux communes, pour un montant global de 250 000 euros financé par le Département.
Par ailleurs, le dispositif FACIL, destiné au financement des projets locaux, est exceptionnellement réactivé. Deux échéances ont été repoussées afin de permettre aux communes de déposer des dossiers pour des travaux urgents ou structurants. Au total, 600 000 euros sont prévus pour soutenir la remise en état des équipements publics essentiels.
Un plan d’urgence pour l’agriculture
Les exploitations agricoles figurent parmi les premières victimes des inondations. Certaines ont subi des pertes importantes, tant sur les cultures que sur les infrastructures. Pour répondre à ces difficultés, le Département met en place une aide forfaitaire d’urgence de 500 000 euros, pouvant atteindre 5 000 euros par exploitation, afin d’apporter un soutien rapide à la trésorerie des agriculteurs les plus touchés.
Le fonds APRED, dédié à la prévention et au redressement des exploitations en difficulté, sera également abondé à hauteur de 50 000 euros, en partenariat avec la MSA et la Chambre d’agriculture. Enfin, les agriculteurs susceptibles de percevoir le RSA pourront notamment profiter d’une neutralisation des revenus agricoles de l’année précédente, afin de faciliter l’accès aux aides sociales pendant six mois.
Au total, l’ensemble des mesures représente plus de 5 millions d’euros mobilisés pour faire face aux conséquences des crues. Dans son dossier de presse, le Département rappelle que ces événements climatiques s’inscrivent dans un contexte de dérèglement climatique de plus en plus fréquent. « Le Département assume pleinement son rôle de collectivité du dernier mètre : réagir vite, protéger les plus fragiles, soutenir les territoires et accompagner le monde agricole », souligne la collectivité. Alors que les réparations se poursuivent sur le terrain, l’objectif reste désormais le même pour tous les acteurs locaux : permettre aux communes et aux habitants de retrouver progressivement une vie normale après les intempéries de février.
















