Comment se portent les entreprises dans le Lot ? Un baromètre économique présenté le 11 mars par la Chambre de commerce et d’industrie du Lot et la Banque de France revient sur l’activité observée fin 2025 et sur les tendances attendues pour 2026. L’étude met en lumière une économie locale globalement résistante, mais marquée par des situations contrastées selon les secteurs.
Les bilans et analyses économiques se multiplient ces dernières semaines dans le département. Après la publication fin février du rapport d’activité de Lot Tourisme, qui revenait sur les évolutions du secteur touristique, d’autres acteurs économiques dressent à leur tour un état des lieux de la situation locale.
Dans un contexte marqué par les incertitudes économiques et les évolutions des habitudes de consommation, la CCI du Lot et la Banque de France ont présenté mercredi 11 mars leur baromètre de conjoncture 2026. Ce document s’appuie sur des données recueillies auprès de chefs d’entreprise et propose un éclairage sur la situation économique observée au quatrième trimestre 2025, ainsi que sur les perspectives pour l’année 2026.
Des entreprises lotoises qui montrent une capacité d’adaptation
Malgré un environnement économique jugé incertain, les entreprises de la région continuent de s’adapter. Le communiqué de la Chambre de commerce et d’industrie du Lot souligne ainsi que « les chefs d’entreprises d’Occitanie ont toujours montré des capacités d’adaptation et de résilience, face aux évolutions de leur environnement ». En Occitanie, l’activité est restée globalement positive dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie et les services marchands. Cette dynamique reste en partie soutenue par l’aéronautique, secteur particulièrement structurant pour l’économie régionale.
Dans le Lot, les entreprises apparaissent elles aussi relativement résilientes. Le communiqué indique toutefois que « le nombre de défaillances dans le département progresse plus fortement », ce qui laisse apparaître certains signes de fragilité dans le tissu économique local.
Restaurants et tourisme particulièrement touchés
Les résultats du baromètre montrent cependant des situations très différentes selon les secteurs d’activité. Dans le département, plusieurs activités ont enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires à la fin de l’année 2025. Les cafés, hôtels et restaurants figurent parmi les plus touchés. Le communiqué précise que « cette baisse de chiffre d’affaires concerne pratiquement tous les secteurs », avec une situation particulièrement difficile pour la restauration.
Le tourisme joue pourtant un rôle majeur dans l’économie lotoise. Selon le communiqué, il représente 9 % du produit intérieur brut et des emplois du département. Mais l’année 2025 a été marquée par des conditions météorologiques défavorables, qui ont pesé sur la fréquentation touristique.
Le commerce confronté à l’évolution des modes de consommation
Le tissu commercial du département doit également s’adapter à l’évolution des habitudes d’achat. Les résultats du baromètre montrent que l’activité reste fragile dans certains segments, en particulier dans les enseignes non alimentaires. Le communiqué évoque notamment la poursuite de la montée en puissance du e-commerce, qui modifie progressivement les comportements des consommateurs et pèse sur certains points de vente traditionnels.
Dans le Lot, l’alimentaire représente environ 60 % du chiffre d’affaires du secteur, tandis que les activités non alimentaires en constituent près de 40 %. Cette répartition illustre un équilibre encore largement dominé par les produits du quotidien, même si les transformations des modes de consommation continuent d’influencer l’activité des magasins locaux.
Des marges globalement stabilisées
Malgré ces difficultés sectorielles, les marges des entreprises ont globalement résisté en 2025. Le recul de l’inflation a contribué à stabiliser la situation financière d’une partie des entreprises. Le communiqué indique ainsi que « deux tiers des chefs d’entreprise interrogés ont constaté une stabilisation, voire une progression de leurs marges » au cours du dernier trimestre 2025.
Toutefois, la rentabilité reste fragile pour une partie des entreprises, notamment dans la restauration, le commerce et certains services. Cette situation s’explique notamment par la hausse des coûts supportés par les entreprises au cours des dernières années, qui continue de peser sur leur équilibre financier.
Des effectifs majoritairement stables
Sur le plan de l’emploi, la situation apparaît relativement stable dans le département. La majorité des entreprises lotoises n’a pas modifié ses effectifs au cours de la période étudiée. Selon le baromètre, 80 % des entreprises interrogées déclarent que leurs effectifs sont restés inchangés.
Cette stabilité s’explique notamment par la structure du tissu économique local, constitué en grande partie de petites entreprises. La restauration reste toutefois l’un des secteurs les plus touchés, certaines entreprises ayant réduit leurs équipes après une saison estivale jugée difficile.
Malgré les incertitudes économiques, le moral des chefs d’entreprise lotois semble s’améliorer. Le baromètre fait apparaître une progression du nombre de dirigeants qui se déclarent optimistes. La part d’entrepreneurs confiants atteint désormais 50 %, contre 34 % un an plus tôt. Les perspectives apparaissent particulièrement favorables dans l’industrie et la construction, deux secteurs qui anticipent une activité plus dynamique au début de l’année 2026.




















