À Mende, en Lozère, lundi 23 mars 2026, des agriculteurs de la Coordination rurale 48 ont choisi une mobilisation inhabituelle. L’image a marqué les esprits : des chevaux devant la préfecture pour dénoncer la flambée des prix du carburant, sur fond de tensions persistantes.
Depuis 2025, les relations entre la présidence de la Chambre d’agriculture de Lozère et certains élus proches de la Coordination rurale 48 sont régulièrement marquées par des tensions et des désaccords. Un climat qui reflète des difficultés plus larges au sein du monde agricole, confronté à une accumulation de contraintes économiques. C’est dans ce contexte que la mobilisation du 23 mars prend tout son sens.
Une action symbolique qui interpelle
Devant la préfecture de Mende, ce ne sont pas des tracteurs qui ont ouvert la mobilisation, mais des chevaux de trait. À l’initiative de la Coordination rurale de la Lozère (CR 48), plusieurs agriculteurs ont choisi, ce lundi 23 mars, une mise en scène volontairement forte pour dénoncer la hausse du prix des carburants. Autour des animaux, des tracteurs à pédales et des bidons porteurs de messages sont venus illustrer leurs inquiétudes et leurs revendications. Une manière de rendre visible une situation jugée aujourd’hui « insupportable ».
Selon un communiqué diffusé sur Facebook par la Coordination rurale de la Lozère, l’objectif était d’« alerter sur une situation devenue insupportable pour l’ensemble de nos activités ». Les représentants ont également souhaité élargir le constat, en soulignant les conséquences pour l’ensemble des actifs dépendants du carburant dans leur quotidien.
Des exploitations agricoles sous pression
Les agriculteurs figurent parmi les premiers touchés par cette hausse des coûts. Selon ce même communiqué, le gazole non routier (GNR), indispensable aux machines agricoles, a fortement augmenté en seulement quelques jours. D’autres postes de dépenses suivent la même dynamique, comme les engrais, les amendements ou encore les plastiques agricoles.
À cela s’ajoute une contrainte structurelle : les producteurs ne peuvent pas fixer librement leurs prix de vente, alors même que certains revenus, notamment dans le secteur laitier, sont en baisse.
Des coûts impossibles à reporter
Dans le monde agricole, certaines dépenses ne peuvent pas être différées. Les travaux saisonniers, comme les semis, les récoltes ou les ensilages, doivent être réalisés à des périodes précises. Leur coût dépend directement de la consommation de carburant. La hausse des prix impacte donc mécaniquement le coût des travaux agricoles, mais aussi les livraisons de fourrage, de paille ou d’aliments pour les animaux.
Au-delà des exploitations, les conséquences concernent l’ensemble de l’économie locale. Transporteurs, artisans ou salariés dépendants de leur véhicule sont eux aussi touchés. Le coût des déplacements du quotidien augmente, dans un contexte où aucune aide directe à la pompe n’a été annoncée. Dans son communiqué, la Coordination rurale souligne également un décalage avec certains pays voisins, indiquant que des mesures ont déjà été prises ailleurs en Europe.
Des prix toujours élevés malgré une accalmie du pétrole
Sur les marchés internationaux, la situation semble pourtant évoluer légèrement. Après plusieurs semaines de tensions liées au conflit au Moyen-Orient, les cours du pétrole montrent des signes d’accalmie. Le baril de Brent, qui avait dépassé les 120 dollars, se situe désormais autour des 100 dollars. Mais cette baisse reste encore peu visible pour les consommateurs.
Ce décalage s’explique par plusieurs facteurs. Les carburants actuellement vendus ont été achetés à des prix plus élevés lors des périodes de tension. La fiscalité représente également une part importante du prix final, ce qui limite l’impact des baisses. À cela s’ajoutent les coûts de raffinage, de transport et de distribution, ainsi que les variations du taux de change euro-dollar. Résultat : même lorsque les cours du pétrole reculent, les prix à la pompe mettent du temps à suivre.
Dans ce contexte, la baisse des prix pourrait encore prendre plusieurs semaines avant d’être réellement perceptible. En Occitanie, trouver du carburant à moins de deux euros le litre devient déjà difficile dans de nombreuses stations. Face à cette situation, les organisations professionnelles demandent des mesures rapides et concrètes.

















