Une mobilisation se prépare. À Toulouse, une opération escargot est annoncée pour le 1er avril, à l’appel de professionnels du transport routier confrontés à une flambée des coûts du carburant. Ils réclament des mesures d’urgence pour un secteur déjà fragilisé.
Depuis plusieurs semaines, la hausse des prix du carburant met sous tension l’ensemble du transport routier. Après un pic au-delà des 120 dollars, le baril de Brent est redescendu autour des 100 dollars, mais cette baisse reste encore peu visible à la pompe. Ce décalage s’explique notamment par les délais d’approvisionnement, la fiscalité, ainsi que les coûts de raffinage et de distribution. Résultat : dans de nombreuses stations d’Occitanie, les prix restent élevés, dépassant souvent les deux euros le litre.
Dans un communiqué publié le 24 mars 2026, l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) alerte sur une situation « d’une gravité exceptionnelle » et une « explosion soudaine et incontrôlée des coûts d’exploitation ». Au-delà du carburant, le secteur subit une crise plus profonde : baisse d’activité depuis plus d’un an, trésoreries fragiles et multiplication des difficultés pour les petites entreprises.
« Les coûts ont explosé en quelques semaines »
Face à cette situation, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. « L’objectif, c’est d’obtenir des mesures d’urgence », explique Philippe Chastrusse, secrétaire général de l’OTRE en Occitanie, dans un entretien accordé ce 27 mars 2026. Selon lui, la hausse du gazole a provoqué un choc brutal : les dépenses ont fortement augmenté en quelques semaines, venant déséquilibrer des entreprises déjà fragilisées. Beaucoup de structures, notamment des TPE et PME, fonctionnent aujourd’hui avec des marges très faibles.
Le syndicat réclame des mesures concrètes : une aide forfaitaire par véhicule et une remise ciblée sur le carburant, sur le modèle des dispositifs mis en place en 2022. « Ce n’est pas une crise classique, c’est une crise exceptionnelle qui nécessite des réponses exceptionnelles », insiste-t-il. Selon lui, ces dispositifs permettraient d’éviter des défaillances en chaîne dans un secteur déjà fragilisé. À défaut, de nombreuses entreprises pourraient ne pas être en mesure d’absorber le choc dans les semaines à venir.
Une opération escargot confirmée le 1er avril
Dans ce contexte, une mobilisation est prévue à Toulouse. « Rendez-vous le 1er avril à 8h30 dans la zone industrielle de Fondeyre », précise Philippe Chastrusse. Le convoi doit rejoindre le centre-ville en empruntant les boulevards, avant de poursuivre vers le Pont Rouge et le périphérique, avec l’objectif de rendre visible la mobilisation sans bloquer totalement la circulation.
L’action se veut mesurée, mais assumée. Les professionnels entendent interpeller sans paralyser, tout en marquant leur présence dans l’espace public. « Le but n’est pas de bloquer, mais de se faire entendre », résume Philippe Chastrusse. Une manière, selon lui, d’alerter sans pénaliser davantage les usagers, tout en mettant en lumière l’urgence de la situation. Les transporteurs espèrent ainsi provoquer une prise de conscience rapide des pouvoirs publics.
Une absence de réponse et une colère qui monte
À ce stade, les professionnels dénoncent une absence de réponse concrète du Gouvernement. Les mesures annoncées sont jugées insuffisantes face à l’ampleur de la crise. Selon Philippe Chastrusse, il existe pourtant des marges de manœuvre, notamment liées aux recettes fiscales générées par la hausse des prix du carburant. Le syndicat appelle à des mesures ciblées et temporaires pour éviter un effondrement du secteur. « Aujourd’hui, certaines entreprises risquent la défaillance », alerte-t-il.
Si aucune réponse n’est apportée, le mouvement pourrait rapidement s’intensifier. « On ne souhaite pas bloquer, mais on est contraints de se mobiliser pour inverser le rapport de force », explique le représentant. Des actions sont déjà en préparation dans plusieurs régions, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes. Une montée en puissance nationale est envisagée dans les prochains jours, avec une possible mobilisation en région parisienne. « Sans transport routier, c’est toute l’économie qui s’arrête », conclut-il, soulignant que 95 % des marchandises transitent par la route.














