Pendant une dizaine d’années, Oihana a vécu au rythme des troubles alimentaires, entre anorexie sévère, hospitalisations et boulimie. Aujourd’hui tatoueuse et totalement sortie de la maladie grâce à sa passion, la jeune femme raconte son parcours dans un livre intime et bouleversant, écrit pour aider ceux qui souffrent encore à se sentir moins seuls.
Pendant des années, Oihana a vécu enfermée dans les troubles alimentaires. Anorexie restrictive dès l’adolescence, hospitalisations à répétition, puis boulimie : la jeune femme a traversé une longue descente aux enfers avant de réussir à se reconstruire grâce à l’art et au tatouage. Aujourd’hui, elle raconte son histoire dans un livre poignant, avec l’espoir d’aider d’autres personnes à trouver une issue à la maladie.

La descente aux enfers
Tout a commencé à l’âge de 12 ans pour Oihana. « Je suis tombée dans l’anorexie restrictive et le sport à outrance au collège. J’avais déjà des formes pour mon âge et j’étais grande, ce que je n’acceptais pas », se souvient la jeune femme. Très vite, son quotidien bascule : un seul repas par jour, plus aucune sensation de satiété, une obsession du contrôle. En quelques mois, l’adolescente chute à 38 kilos pour 1,65 mètre. « Mes parents l’ont rapidement remarqué. En six mois, je suis passée de plus de 60 kilos à moins de 40. »
Malgré le suivi d’un pédiatre et d’un psychologue, Oihana ne parvient ni à reprendre du poids ni à se stabiliser. « Je vivais dans ma propre réalité. J’avais trop peur », poursuit-elle. Son état entraîne plusieurs hospitalisations. Pendant sept ans, elle alterne entre hôpitaux pédiatriques, services psychiatriques et retours à la maison.
Sa passion l’a sauvée… jusqu’à devenir son métier
À 18 ans, Oihana quitte peu à peu cet environnement pesant et part à Paris pour intégrer l’école d’art dont elle rêvait. C’est là qu’elle rencontre son compagnon actuel. « Il m’a lancé un défi : faire mon premier tatouage, celui que je voulais vraiment, seulement si je dépassais les 50 kilos. C’était un chiffre qui me terrorisait, alors qu’en sortant de l’hôpital, j’en pesais 45 », raconte-t-elle.
Un défi qu’elle finit par relever. Mais une autre épreuve commence alors : la boulimie. « Je pouvais à nouveau manger, et j’ai totalement perdu le contrôle. Je pouvais avaler jusqu’à dix viennoiseries d’un coup… On parle souvent de la faim extrême après l’anorexie, et j’étais en plein dedans. Je suis montée jusqu’à plus de 70 kilos. »
Peu à peu pourtant, elle retrouve un équilibre, notamment grâce au tatouage. « Ma passion m’a aidée à me détacher de mon corps. Je ne voyais plus mon apparence, seulement les dessins… et les endroits où il en manquait encore. »
Cette passion devient progressivement une reconstruction – au point d’en faire aujourd’hui son métier.
L’écriture comme reconstruction
Depuis cinq ans, Oihana affirme être totalement sortie de la maladie. « J’ai enfin assez de recul pour retracer toute cette histoire. Pendant des années, j’ai tenu des journaux intimes sur mon état. Alors aujourd’hui, j’ai décidé d’en faire un livre : Des larmes et des os. Tant que mes souvenirs étaient encore précis, je voulais témoigner », confie-t-elle.
À travers ce récit, elle souhaite parler autant aux personnes souffrant de troubles alimentaires qu’à leurs proches. « Je voulais montrer que beaucoup de gens peuvent traverser ça. Ce livre sert à se sentir moins seul, mais aussi à rappeler qu’il existe des portes de sortie, et qu’un jour, on peut réussir à remanger normalement. »
















