Roi des phases finales, le Stade toulousain, en mode diesel depuis quelques semaines, fait face à un nouveau défi aujourd’hui à Marseille pour rallier le Stade de France.
C’est enfin l’heure. Et qu’il a paru long, le temps jusqu’à aujourd’hui. Triple tenant du titre et installé sur le trône du Top 14 depuis la huitième journée, le Stade Toulousain a entrevu très rapidement la qualification. Trop rapidement ? Toujours est-il que les Toulousains ont baissé de rythme avec quatre défaites ou, vu autrement, seulement quatre victoires sur les huit dernières rencontres. Instants de relâchement inévitables et travail physique en vue des demi-finales n’ont pas suffi à convaincre certains observateurs, convaincus que ce Stade-là était sur la pente descendante et générait de l’inquiétude. Surtout après l’élimination par Bordeaux-Bègles en quarts de finale de la Champions Cup.
Et la petite musique a froissé Ugo Mola. « Tout le monde s’inquiète de savoir si Toulouse est bien. Toulouse est premier. Et vous feriez mieux de vous inquiéter de ceux qui ne sont pas qualifiés » a alors lancé le manager toulousain lors de la conférence de presse suivant la dernière rencontre de la phase régulière face au Racing.Patrice Collazo, lui, n’a jamais été inquiet pour ses anciens coéquipiers Clément Poitrenaud et Jean Bouilhou : « J’ai été rassuré parce qu’ils ont (NDLR : les Toulousains) refait surface un peu aujourd’hui dans les médias. Cela fait deux semaines qu’ils étaient dans les eaux profondes. Et pour connaître un peu la maison, quand ils ferment les écoutilles et qu’ils descendent en eaux profondes, ça veut dire qu’ils se préparent. »L’heure est donc à la réponse. Et le champion de France partira logiquement favori de cette demi-finale, même si le forfait de Thomas Ramos a quelque peu rebattu les cartes. Car on connaît le talent sportif de l’homme et la force mentale qu’il dégage et qu’il insuffle à ses coéquipiers, pour ne pas envisager ce forfait comme un coup dur.Mais le Stade a gagné des titres chaque saison sans au moins un membre majeur de son équipe.
Face à la dynamique actuelle du club francilien (sur le terrain et dans les têtes), le champion de France va opposer sa confiance avec cette statistique impitoyable : les cinq derniers Brennus remportés par le club rouge et noir l’ont été à chaque fois que le Stade avait fini premier de la saison régulière. Et face aux doutes concernant son manque de rythme et d’automatismes, il fera valoir sa fraîcheur à partir d’un travail physique effectué ces dernières semaines pour amener les joueurs dans leur forme optimale au moment des phases finales.
Au moment de continuer à soupeser les forces en présence, nous n’accorderons pas beaucoup de crédit à la dernière confrontation entre les deux équipes, car il ne s’agissait pas du tout de la même configuration. Nous en accorderons en revanche davantage à celle du match aller, qui avait basculé en faveur du Stade sur le coup de tête du talonneur francilien Tarrit. Ce jour-là, avant cette expulsion, le Racing avait impressionné par sa force physique et par sa propension à taper fort, comme on dit dans le milieu. Ce sera encore le cas ce soir. Et quand il perd un roi du centre du terrain comme Habosi, le club ciel et blanc le remplace par un autre centre au physique impressionnant, un certain Tuisova. C’est dire que la faculté du Stade à répondre au défi physique du Racing sera une des clés du match. Ugo Mola témoigne : « C’est une équipe avec des convictions fortes et des principes de base. Ça tape fort, avec un jeu direct et une volonté de scorer assez vite. C’est l’équipe qui a marqué le plus d’essais en moins de trois temps de jeu, donc très efficace. Il faudra se mettre en face et faire valoir notre rugby peut-être plus que jamais. Je ne dis pas que l’évitement sera au goût du jour, mais j’ose espérer qu’on aura envie de jouer. À nous de répondre à cette opposition de styles, en jouant notre rugby. » Et ainsi être à l’heure…
La tendance : Toulouse 55 % – Racing 45 %














