Fin mai, sur une route départementale des Pyrénées, en pleine campagne. José, un quinquagénaire toulousain, pense avoir fait le plus dur en respectant scrupuleusement les limitations depuis deux ans pour sauver son permis. Pourtant, alors qu’il rentre d’un rendez-vous professionnel, un piège technologique indétectable croise sa route. Une berline de gendarmerie banalisée, équipée du tout nouveau système Gatso Millia, patrouille dans la zone. Sans avertissement, l’appareil enregistre un excès de vitesse : 89 km/h au lieu de 80. Découvrez le récit de son incroyable malchance.
« C’est vraiment un manque de chance, à trois jours d’avoir tout récupéré », se lamente José. Dépité, ce Toulousain explique qu’il ne disposait plus que de six points sur son permis depuis près de deux ans et comptait retrouver l’intégralité de son capital le 19 juin prochain. « Ça fait deux ans que je fais extrêmement attention à ne pas perdre le moindre point. Je respecte toutes les limitations, les panneaux, les radars, ça en devient presque une obsession », assure-t-il.
Une amende de 68 € et un point de moins alors qu’il ne lui en reste que six
La déconvenue est récente. José vient de recevoir un avis de contravention : une amende de 68 euros assortie d’un retrait d’un point, après avoir été flashé fin mai dans les Hautes-Pyrénées, à hauteur d’Escondeaux, par l’un des nouveaux radars mobiles embarqués à bord d’un véhicule de gendarmerie. Il revenait alors d’un rendez-vous professionnel.
« Je ne conteste absolument pas l’excès de vitesse. J’ai été pris à 89 km/h sur une ligne droite limitée à 80. Je suis en colère contre moi-même, j’aurais dû faire attention », reconnaît-il. Conséquence immédiate : « J’allais avoir à nouveau mes douze points, je n’en ai plus que cinq ».
Depuis le 15 septembre 2023, des véhicules banalisés équipés de radars circulent sur les axes considérés comme les plus accidentogènes de la région Occitanie, aussi bien en zone urbaine qu’en milieu rural. Baptisés radars Gatso Millia, ces dispositifs de nouvelle génération reposent sur des technologies avancées permettant de relever plusieurs types d’infractions, notamment les excès de vitesse ou encore les franchissements de ligne continue.
Flashé à la campagne par une voiture banalisée avec un radar embarqué
Particularité de ces équipements : aucun flash lumineux n’est visible lors du contrôle. Les automobilistes ne découvrent l’infraction qu’à réception de l’avis de contravention, parfois plusieurs semaines plus tard. Dans ces conditions, il est pratiquement impossible de repérer ces véhicules sur la route.
« Il y a vraiment une chance sur trois mille de croiser cette voiture sur la route. Et je n’ai pas eu de chance, je l’ai croisée », raconte José. Certaines voitures de gendarmerie sont elles aussi équipées de ces systèmes embarqués afin de détecter les infractions au code de la route. Leur déploiement concerne en priorité les départements où l’accidentalité est particulièrement élevée.
Il va devoir attendre à nouveau deux ans pour récupérer tous ses points
Après cette nouvelle perte de point, José sait qu’il devra patienter pour espérer reconstituer son capital. En l’absence de nouvelle infraction, il est possible de récupérer progressivement des points, à raison d’un point tous les six mois dans certaines situations.
« Donc je vais voir au bout de six mois si je réussis à récupérer mon point, peut-être que je resterai comme ça. Mais sinon, je découvrirai sans doute la joie de réaliser un stage », confie ce conducteur de cinquante ans. Un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui permet de récupérer des points et d’éviter une éventuelle invalidation du permis, pour un coût généralement compris entre 200 et 250 euros.
Le piège des radars embarqués complètement invisibles
Malgré sa mésaventure, l’automobiliste souhaite surtout rappeler l’importance de la vigilance au volant. « Il faut rappeler aux usagers que cela peut arriver à tout le monde et qu’il faut rester vigilants. On peut vite se retrouver avec beaucoup de points en moins, même si on essaie de faire attention », conclut-il.
Une expérience qui illustre l’évolution des dispositifs de contrôle routier. Désormais, les radars fixes ne sont plus les seuls à surveiller le réseau. Invisibles et mobiles, ces véhicules banalisés renforcent la surveillance des routes et compliquent davantage la tâche des conducteurs tentés de relâcher leur attention.
Des chiffres qui montrent que les excès de vitesse sont l’une des principales infractions commises par les automobilistes
« Les voitures radars ont relevé, en moyenne, 1 000 infractions mensuelles », selon les services de la préfecture de la Haute-Garonne. Près de la moitié de ces infractions ont été recensées sur le périphérique toulousain. Et sur la totalité, 40 % d’entre elles concernent des excès de vitesse supérieurs à 20 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée.
Le bilan général des infractions routières identifiées par les autres radars en compte plus de 500 quotidiennement sur l’année 2025. « En 2025, la vitesse excessive était relevée dans un tiers des accidents mortels », poursuivent les services de l’État. Et il faut s’attendre à des chiffres similaires pour 2026. En effet, une vitesse excessive ou inappropriée est à l’origine de 20 % des accidents mortels déjà enregistrés sur les cinq premiers mois de l’année.











