Courrier en baisse, dématérialisation, manque de bras… Les facteurs de La Poste à Toulouse alertent sur le risque de voir leur métier disparaître. De son côté, la direction assure recruter et maintenir le dialogue social alors qu’une grève s’est tenue lundi 14 septembre à Rangueil.
Les facteurs ont de moins en moins de courriers dans leurs sacoches et ça les inquiète. La Poste indique que dans le secteur nord de Toulouse, le volume du courrier distribué a baissé de 23 % en deux ans. À Rangueil, ça atteint les 26 %. Forcément, les syndicats craignent que cela encourage leur direction à baisser les effectifs. Au centre de tri de Rangueil, lundi 14 septembre 2026, 13 postiers sur 78 étaient en grève pour demander de meilleures conditions de travail et le paiement des heures supplémentaires. Grève levée car un CDI a été recruté sur le site. Pour autant, le combat des facteurs pour repenser leur métier continue.
Tout d’abord, d’après Karim Azaroual, secrétaire CGT activité postale de Haute-Garonne, les tournées sont de plus en plus lourdes pour les facteurs, surtout le lundi : « Un secteur peut couvrir deux voire trois tournées, donc le samedi les agents ont plus de kilomètres à faire, et plus de courrier à distribuer. Il y a un risque qu’ils fassent des heures supplémentaires. Or, elles ne sont pas payées », explique-t-il.
« Des facteurs épuisés »
Le syndicaliste dénonce un travail « vidé de son sens » et éprouvant : « Certains facteurs commencent à 7h45 et terminent à 14h », souffle Karim Azaroual. « Ils sont épuisés et aujoud’hui il n’est pas rare de voir des facteurs démissionner. » La Poste assure à ICI Occitanie que « des ajustements de certaines tournées, ou plus largement sur l’organisation, sont travaillés avec les facteurs ». Le dialogue entre les deux parties a permis de recruter sept CDI en 2026 : cinq à Rangueil et deux à Toulouse Nord.
Ce dont se félicite Karim. À Saint-Gaudens par exemple cet été, le syndicaliste rappelle qu’il y a eu un dépôt de préavis de grève : « On a réussi à obtenir une prime et des assurances au niveau des conditions de travail. On est écoutés à des moments, mais après la stratégie reprend le dessus. »
« Une crainte de voir notre travail disparaitre »
Le rapport de force classique entre une direction et ses employés. Mais plus que cela, Karim appelle à repenser le rôle du facteur : « Il y a une crainte de voir notre travail disparaître », estime-t-il. « Il existe des possibilités. Par exemple, nous, syndicats, on travaille sur notre projet de facteur du 21ᵉ siècle. Il prendra en compte le vieillissement de la population, la fracture numérique, l’urgence écologique. Parce qu’on ne peut pas faire de la baisse du courrier le seul argument de suppression des emplois. Il y a beaucoup de choses à mettre dans la sacoche du facteur comme le lien social. Le Premier ministre cet été en avait appelé aux postiers pour aller voir les personnes vulnérables. » Pour l’heure, aucun mouvement de grève n’est prévu à La Poste à Toulouse.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













