Toulouse se prépare à un samedi sous haute surveillance. La préfecture renforce son dispositif de sécurité, le 24 octobre, pour protéger le centre-ville des pilleurs et ne pas laisser place aux violences. La manifestation syndicale reste autorisée.
Deux mobilisations se dessinent pour samedi 24 octobre à Toulouse : la manifestation déclarée par l’intersyndicale CGT-FSU, autour de la vie chère, des retraites et des lycées, et des appels diffusés sur les réseaux sociaux à un « acte 2 » des Gilets jaunes. La préfecture dit avoir du mal à anticiper l’ampleur du rassemblement, mais se prépare à une affluence comparable à celle de la semaine dernière – 32.000 selon les autorités, 80.000 selon les organisateurs.
Un parcours pour éviter l’hypercentre
Le cortège syndical partira du haut des allées Jean-Jaurès, et non du bas, avec un rendez-vous samedi à 14 heures au métro Marengo. Long de plus de six kilomètres, le nouvel itinéraire doit fluidifier la progression et préserver les boulevards ainsi que l’hypercentre. « Le sujet, ce n’est pas les manifestants pacifiques, mais ceux qui profitent du mouvement de foule pour faire des exactions », résume la préfecture. Ce parcours négocié explique pourquoi la manifestation n’a pas été interdite.
Des contrôles préventifs sont prévus dans les gares toulousaines et alentour. Les rassemblements non déclarés sont interdits à Toulouse, de même que le port de certains objets pouvant servir à dissimuler son identité ou à attaquer les forces de l’ordre, ainsi que les moyens combustibles.
Centaures déployés, renforts du RAID
Pour éviter de revivre les pillages de samedi dernier, les services de l’État ont multiplié les échanges avec la Ville et les commerçants, notamment via un groupe WhatsApp pour faire remonter les alertes. La préfecture appelle ces derniers à privilégier la défense passive et à ne pas s’armer : le maintien de l’ordre relève des forces de sécurité.
Sans détailler les effectifs engagés ni leur placement, elle annonce un dispositif renforcé, avec des gendarmes du département qui viendront appuyer les policiers de Toulouse, le déploiement de véhicules blindés Centaure, et plusieurs sections de militaires Sentinelle, chargés de protéger des bâtiments et zones sensibles. Le RAID sera prépositionné sur des sites institutionnels, sans participer au maintien de l’ordre. Des drones pourront également surveiller le cortège. Des équipes cynophile seront aussi présentes afin de dissuader les casseurs.
La préfecture n’exclut pas de nouveaux débordements en cas de forte affluence. « A partir du moment où il y a du monde, il y aura des éléments malveillants, il n’y a aucune raison que ça ne se reproduise pas » mais la préfecture affirme vouloir permettre les revendications tant qu’elles ne mettent pas en danger les personnes et les biens et ne donnent pas lieu à des blocages.
Le musée des Abattoirs et la chapelle de la Grave seront fermés préventivement car ces sites se situent au niveau de la fin du parcours de la manifestation. Le match TFC-ESTAC Troyes a été reporté de 24 heures et aura lieu le dimanche. Autre décision prise en amont : les supporters du Nîmes olympique ont été interdits de déplacement à Toulouse pour la rencontre de Coupe de France prévue à Borderouge.
Couvre-feu maintenu
Le couvre-feu instauré dans le centre-ville de Toulouse depuis jeudi soir et jusqu’à dimanche matin, chaque nuit de minuit à cinq heures du matin pour les mineurs comme les majeurs (hors habitants et personnel médical), doit, selon la préfecture, continuer de limiter les risques pour les commerces mais aussi protéger les établissements hospitaliers de Saint-Cyprien. Lors de la première nuit, trois personnes ont été verbalisées d’une amende de 750 euros chacune, après avoir revendiqué connaître la mesure de couvre-feu et l’avoir délibérément transgressée.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















