Après la décision du tribunal administratif de suspendre l’évacuation de l’immeuble occupé par des mineurs isolés étrangers, rue Louis-Plana à Toulouse, Toulouse Métropole Habitat réagit. Le bailleur social dit respecter cette décision de justice, mais déplore le retard pris par son projet de 135 logements sociaux.
Deux jours après la décision du tribunal administratif de Toulouse, Toulouse Métropole Habitat sort du silence. Dans un communiqué, le bailleur social réagit à la suspension de l’arrêté municipal qui ordonnait l’évacuation immédiate de l’immeuble situé 159 rue Louis-Plana et 23 rue Henri-Guillaumet, occupé illégalement depuis novembre 2024 par une centaine de jeunes étrangers engagés dans une procédure visant à faire reconnaître leur minorité.
Jeudi, les juges des référés ont estimé que le risque « grave et imminent » invoqué par la mairie de Toulouse pour justifier cette évacuation n’était pas suffisamment caractérisé. Ils ont donc suspendu l’exécution de l’arrêté, tout en laissant subsister l’ordonnance d’expulsion prononcée par la cour d’appel de Toulouse en avril dernier.
Dans son communiqué, Toulouse Métropole Habitat indique « respecter pleinement la décision du tribunal administratif » et dit « compatir avec la situation des mineurs isolés étrangers ».
Un projet de logements repoussé
Le bailleur souligne toutefois que cette décision retarde le démarrage d’une opération qu’il qualifie de « majeure pour le territoire ». Le projet prévoit la création de 135 logements sociaux, dont 93 destinés aux étudiants et 42 aux jeunes actifs, dans un contexte de forte tension sur le logement à Toulouse.
« Cette suspension retarde un projet essentiel pour notre territoire et pour les nombreux jeunes qui peinent aujourd’hui à se loger », affirme Laurence Katzenmayer, présidente de Toulouse Métropole Habitat. Elle rappelle que Toulouse est la deuxième ville étudiante de France et défend la nécessité de développer une offre de logements abordables, aussi bien pour les étudiants que pour les jeunes actifs confrontés à la difficulté de se loger.
TMH ajoute que les incendies survenus récemment au cœur de l’immeuble vont désormais nécessiter des études complémentaires afin d’évaluer leurs conséquences sur la structure du bâtiment. Selon le bailleur, ces expertises repousseront encore le lancement du chantier, alors que les équipes étaient prêtes à engager les travaux.
Cette prise de position intervient alors que la mairie de Toulouse a, elle aussi, indiqué considérer que la décision du tribunal administratif ne remettait pas en cause l’ordonnance d’expulsion obtenue devant la cour d’appel, qu’elle estime toujours exécutoire.


















