Commerçant ambulant engagé dans la lutte contre la délinquance, Rachid Temmar affirme subir depuis près de deux ans des propos racistes, des contrôles répétés et des discriminations de la part de deux policiers municipaux. Il a déposé plainte pour injures publiques à caractère racial et discrimination. La mairie de Toulouse assure ne pas avoir été officiellement informée de cette procédure et conteste les accusations portées contre ses agents.
Figure bien connue à Toulouse, où il tient depuis plusieurs années un stand de restauration rapide, Rachid Temmar a déposé plainte contre deux policiers municipaux de Toulouse. Il les accuse de harcèlement, d’injures publiques à caractère racial et de discrimination entravant l’exercice de son activité professionnelle.
Le commerçant affirme subir depuis près de deux ans des contrôles répétés lorsqu’il travaille sur les marchés ou lors de manifestations. Selon son récit, les deux agents lui auraient notamment lancé à plusieurs reprises des phrases telles que : « T’es pas dans ton pays », « Si ça ne te plaît pas, retourne dans ton pays » ou encore « Ici, on est en France ». « Il y a une façon de parler aux gens, une façon d’être professionnel, de ne pas insulter les gens », estime-t-il. « À un moment donné, je dois pouvoir vivre de la tranquillité et ne pas me faire persécuter par ces agents », ajoute-t-il.
Rachid Temmar estime également avoir été empêché de travailler à l’occasion d’un match organisé au Stadium de Toulouse. Il affirme enfin que plusieurs procédures administratives engagées contre lui seraient liées aux agissements de ces policiers et évalue son préjudice à 1 800 euros.
La mairie réfute les allégations
Interrogée par La Dépêche du Midi, la mairie de Toulouse indique ne pas avoir été officiellement destinataire de cette plainte. « La collectivité ne dispose d’aucun élément lui permettant de connaître le contenu du dossier ou la nature exacte des griefs évoqués », écrit-elle. Elle considère, à ce stade, les accusations relayées comme « de simples allégations non vérifiées ».
La mairie assure que, si une plainte devait donner lieu à une enquête, « les agents concernés collaboreraient pleinement avec les autorités compétentes ».
La collectivité rattache enfin cette affaire à « un différend » survenu lors de la Coupe du monde de football. Selon elle, le commerçant avait alors fait l’objet de constats de manquements aux règles applicables dans le périmètre de la fan zone, notamment en matière de sécurité et de vente d’alcool. Elle ajoute que Rachid Temmar « a déjà fait l’objet, à plusieurs reprises ces derniers mois, de verbalisations liées au non-respect de la réglementation applicable à son activité ».
Une enquête devra désormais déterminer si les faits dénoncés par le commerçant sont établis.













