À Tonneins, l’ancienne Manufacture des tabacs reste sous surveillance après le violent incendie qui a détruit plus de 4 000 m² du bâtiment ce mardi 21 juillet. Les pompiers poursuivent les opérations de sécurisation tandis que la commune mesure les dégâts causés à ce site emblématique du patrimoine industriel local.
Le centre-ville de Tonneins porte encore les stigmates du violent incendie qui a frappé l’ancienne Manufacture des tabacs ce mardi 21 juillet. Au lendemain du sinistre, les flammes sont maîtrisées, mais les opérations se poursuivent autour de cette friche industrielle emblématique de la commune. Les sapeurs-pompiers restent mobilisés pour sécuriser les lieux, surveiller la structure et prévenir toute reprise du feu.
L’incendie s’est déclaré mardi matin, peu avant 10h, dans une aile de l’ancienne Manufacture des tabacs, située à proximité de la gare SNCF. Rapidement, les flammes se sont propagées dans ce vaste bâtiment industriel, entraînant le déploiement d’un important dispositif de secours.
Durant plusieurs heures, les soldats du feu ont lutté contre un incendie particulièrement intense. Au plus fort de l’intervention, 80 sapeurs-pompiers ont été engagés, avec l’appui de renforts venus de Gironde et de Dordogne. Près de 25 engins de secours et de lutte contre les incendies ont également été mobilisés, permettant aux équipes d’intervenir depuis plusieurs points du site.
Cette mobilisation a permis de limiter la propagation du sinistre et de préserver une partie importante de l’édifice. Sur les quelque 20 000 m² que compte l’ancienne manufacture, environ 16 000 m² ont pu être sauvés. En revanche, près de 4 150 m² ont été détruits par les flammes, notamment dans une partie construite en 1915. La charpente et plusieurs éléments en bois n’ont pas résisté à la violence de l’incendie.
Les secours restent mobilisés autour d’un bâtiment fragilisé
Même si le feu est désormais considéré comme fixé, les pompiers poursuivent leur travail sur place. Ce mercredi 22 juillet, les équipes ont réduit leur présence mais maintiennent une surveillance active du site. À l’aide de caméras thermiques, elles contrôlent les différentes zones touchées afin d’identifier d’éventuels foyers encore présents dans la structure.
Cette phase de surveillance doit permettre d’éviter une nouvelle propagation des flammes, mais aussi de suivre l’évolution du bâtiment après les importantes dégradations subies. Les secteurs les plus fragiles font l’objet d’une attention particulière, notamment les deux pignons dont la stabilité est surveillée. Pour l’heure, aucune façade extérieure ne s’est effondrée.
Par précaution, les restrictions mises en place mardi restent maintenues aux abords de la Manufacture. Les routes départementales D120 et D813 demeurent fermées à la circulation et des déviations ont été installées. En parallèle, les contrôles réalisés par les services compétents n’ont pas révélé la présence de matières volatiles dangereuses dans l’air.
L’incendie avait également conduit à l’évacuation de 70 riverains vivant à proximité immédiate du site, principalement dans le secteur de la rue Gambetta. Accueillis à la salle municipale de La Manoque, ils ont pu bénéficier d’un accompagnement avant de retrouver progressivement leur domicile. Aucun blessé n’a été recensé.
La “Manu”, un lieu chargé d’histoire pour Tonneins
Au-delà des dégâts matériels, le sinistre touche un lieu profondément ancré dans l’histoire locale. Créée en 1726, l’ancienne Manufacture des tabacs a longtemps été un pilier économique de Tonneins. Avant sa fermeture définitive, elle employait 10% de la population du canton et faisait partie du quotidien de nombreuses familles.
Depuis plus de 20 ans, le site était inoccupé, mais il conservait une forte valeur patrimoniale et symbolique pour les habitants. Surnommée “la Manu”, l’ancienne usine reste associée à plusieurs générations de Tonneinquais qui y ont travaillé ou grandi à proximité.
L’émotion était palpable mardi parmi les habitants venus observer l’intervention des secours. Le maire Denis Bertolaso a rappelé l’importance du lieu pour la commune : « Touchée au cœur, la Manu continuera d’exister ». La Municipalité entend ainsi poursuivre les réflexions engagées pour donner une nouvelle vie à cette friche industrielle, même si les conséquences de l’incendie devraient compliquer ce projet de réhabilitation.














