Dans le Tarn, le projet d’extension de la scierie SIAT au Bez fait débat. Emprise foncière, ressource forestière, eau et pollution suscitent des interrogations, tandis que l’industriel met en avant les emplois et les retombées locales.
Au Bez, dans le Sud du Tarn, la scierie de Saint-Agnan pourrait bientôt changer de dimension. Racheté en 2020 par le groupe alsacien SIAT, le site fait l’objet d’un vaste projet d’agrandissement, qui a reçu un avis favorable à l’issue de l’enquête publique en 2024. À terme, l’entreprise souhaite pouvoir « transformer jusqu’à 500 000 m³ de bois par an », selon France Nature Environnement, principal opposant au programme.
Le fonctionnement de la future installation serait entièrement repensé. Les troncs seraient d’abord stockés puis analysés grâce à des « scanners à bois et d’intelligence artificielle » pour déterminer la meilleure façon de les découper. Deux lignes de sciage prendraient ensuite le relais, avant plusieurs étapes de séchage et de préparation du bois, comme le groupe SIAT le précise dans sa déclaration d’intention. L’objectif est de fabriquer sur place davantage de produits destinés notamment au bâtiment. SIAT prévoit ainsi des bois de construction, mais aussi « des chevrons, liteaux de toiture, volige ».
Le projet prévoit également de réutiliser une partie de ce qui reste après le sciage. Les écorces, sciures et autres résidus pourraient servir à produire des granulés de bois ou des dés de palettes. Une installation produirait également de l’électricité à partir de ces matières. SIAT annonce « 14 000 MWh par an », principalement pour faire fonctionner directement le site. « La part de production supplémentaire » pourrait être envoyée vers le réseau local. Le groupe annonce par ailleurs une production de granulés « équivalent aux besoins en chauffage de 25 000 foyers ».
Une extension de la scierie qui inquiète les associations
Mais cette nouvelle scierie devra disposer de beaucoup plus de bois qu’aujourd’hui. France Nature Environnement craint que cette augmentation ne renforce la concurrence entre les acteurs qui achètent des résineux dans la région. L’association avait demandé en 2024 une étude sur la capacité des forêts d’Occitanie à fournir suffisamment de bois aux entreprises de la filière. Elle estime que les éléments transmis depuis n’ont pas permis de « dissiper nos interrogations sur le plan d’approvisionnement présenté par SIAT ».
Et les inquiétudes de FNE ne s’arrête pas là, car l’association relève également que le projet doit s’étendre sur « 27 hectares supplémentaires, dont 6 hectares de terres agricoles », selon FNE. Elle redoute aussi une hausse importante du nombre de camions autour de Saint-Agnan. Les émissions liées à la future installation de production d’énergie font enfin partie des craintes. FNE estime qu’elles pourraient représenter « 100 à 200 tonnes par an de polluants gazeux ».
Sans oublier un sujet majeur : l’eau. FNE s’interroge sur les éventuelles pollutions et sur le rejet des eaux vers l’Agout ainsi que sur les besoins du futur site qui dépasseraient 110 000 m³ par an.
De son côté, SIAT met en avant « un projet d’intérêt général », en rappelant sa volonté de « limiter la transformation de la ressource en bois occitan en-dehors de la région » et de développer davantage la transformation du bois local sur place. Le groupe fait valoir les retombées économiques attendues, avec « environ 180 emplois directs et 600 emplois indirects ».











