Est-ce la conséquence des actions menées à l’initiative des différents syndicats agricoles pendant plusieurs semaines dans l’agglomération toulousaine et au-delà, que ce soit autour de la dermatose bovine ou du Mercorsur ? Toujours est-il que cinq membres de la Coordination rurale de Haute-Garonne (CR31) ont été interpellées ce mercredi matin à 6 h à leurs domiciles respectifs et placés en garde à vue. Un sixième a été interpellé dans un autre département.
« Il est question de dégradations mais je pense qu’ils n’y sont pour rien », assure Maxime Raud, le président de la Coordination rurale 31 joint par Le Parisien en milieu d’après-midi. « Ils sont dans quatre endroits différents, à Saint-Béat, Salies-du-Salat, Carbonne et Muret. On est présents devant en attendant qu’ils sortent », nous a confié Maxime Raud. Selon le syndicat, la porte du domicile de l’un d’entre eux a été fracturée avant son interpellation et l’agriculteur a été menotté devant ses enfants.
La dégradation de transformateurs Enedis en cause
« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces méthodes disproportionnées, brutales et profondément choquantes. Depuis quand défendre son métier, alerter sur la détresse du monde agricole et participer à des mobilisations devient-il un motif de traitement digne du grand banditisme ? », s’interroge la Coordination rurale 31, tout en dénonçant une « tentative d’intimidation politique ».
Selon le parquet de Toulouse, joint par l’AFP, les gardés à vue sont notamment soupçonnés d’avoir dégradé des transformateurs Enedis. Des dégradations commises entre le 15 et le 27 janvier « aggravées par la réunion et la dissimulation du visage des auteurs ». Ils sont également soupçonnés d’avoir coupé un arbre en bordure de route et de l’avoir laissé délibérément sur la voie publique, mettant ainsi « en danger la vie d’autrui », a précisé le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz.
Face à ces interpellations spectaculaires, le président du syndicat laisse éclater sa « colère ». « On n’est jamais écouté, comme d’habitude, regrette-t-il. C’est facile de s’en prendre à des agriculteurs, pendant que des politiciens violent des gosses (allusion probable à l’affaire Epstein NDLR)… Mais on ne crèvera pas en silence », assure Maxime Raud.
Tension maximum à la veille du Salon de l’agriculture
Une situation qui risque de tendre encore davantage les relations avec le gouvernement, alors que se profile le Salon de l’agriculture. « Ces arrestations violentes symbolisent un gouvernement agressif, davantage disposé à envoyer les forces de l’ordre chez les agriculteurs qu’à défendre leurs intérêts et assurer leur sécurité. (…) La Coordination Rurale estime inacceptable de la part de l’État d’exercer une telle pression à l’encontre de nos agriculteurs, à la veille du SIA, et de s’attaquer à la liberté syndicale et de manifester », souligne le syndicat dans son communiqué.
La Coordination rurale 31 demande la libération immédiate des agriculteurs interpellés, l’intervention directe du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur afin de garantir un traitement équitable et apaisé de la situation, ainsi que la transparence sur les motifs des interpellations. Elle souhaite aussi la fin des pressions judiciaires et administratives contre les agriculteurs mobilisés et le retour du dialogue politique avec l’État sur les revendications du monde rural.






















