Malgré une présence des forces de l’ordre accentuée sur le terrain, la délinquance a progressé de 4 % en 2025 en Haute-Garonne par rapport à 2024, soit 4 000 faits de plus. Si certaines catégories comme les atteintes aux biens sont en baisse, le préfet a confirmé la forte mobilisation de l’État pour lutter contre le trafic de stupéfiants, notamment dans sa version digitale, qui se développe dans la Ville rose, comme dans les autres métropoles.
Selon le bilan présenté mardi matin, 1 600 opérations de démantèlement de points de deals ont été menées en 2025. Près de 4 327 amendes ont été délivrées, contre 3 753 en 2024, soit une hausse de 15,3 %. « Les opérations des forces de l’ordre déstabilisent le trafic et ce harcèlement entraîne aussi une évolution du trafic vers le digital, du Uber shit, auquel la police doit s’adapter », souligne Pierre-André Durand, préfet de Haute-Garonne.
C’est encore au trafic de drogue que le représentant de l’État attribue l’hyper violence constatée dans les quartiers sensibles, avec « une guerre de territoire et une concurrence féroce entre points de deals moins nombreux ». Pour lutter contre ce fléau, policiers et gendarmes utilisent les nouvelles mesures prévues par la loi narcotrafic.
Près de 61 demandes d’interdictions de paraître, par exemple près d’un point de deal, ont ainsi été formulées auprès de la préfecture de Haute-Garonne : 50 ont fait l’objet d’un arrêté préfectoral dont 32 ont déjà été notifiés aux intéressés, de fait écartés de leur lieu de « travail » habituel.
Deux restaurants rapides fermés au Mirail à Toulouse
Les commerçants qui aident les dealers en stockant de la marchandise ou en leur servant de point de repli sont aussi dans le viseur des autorités qui a prononcé trois fermetures administratives l’an dernier en Haute-Garonne : deux commerces de restauration rapide au Mirail, à proximité d’importants points de deals, et un établissement qui stockait des stupéfiants ou accueillait les clients en attente de livraison.
Enfin, 16 demandes d’injonctions de résilier le bail de locataires impliqués dans le trafic de drogues ont été envoyées aux bailleurs. « Sur 3 000 faits (supplémentaires en zone police NDLR), nous en avons 1 500 concernant le trafic de stupéfiants. Nous mettons beaucoup d’effectifs sur les points de deal, ce qui a permis de les faire passer de 50 à 38 l’an dernier, détaille Alexandre Desporte, directeur interdépartemental de la Police nationale. La nouvelle loi sur le narcotrafic nous donne des outils et nous allons poursuivre cette stratégie cette année. »
























