En présentant son bilan et ses projets sur l’écologie ce jeudi, Jean-Luc Moudenc a réactivé le clivage entre sa ligne « pragmatique » et celle « idéologique » des Verts.
Sans citer son nom, c’est à son adversaire de 2020, l’écologiste Antoine Maurice, que Jean-Luc Moudenc a adressé un signe. Hier, à la veille des municipales 2026, le maire et candidat à sa succession a rappelé qu’en 2020, au lendemain de sa victoire, il avait fait une promesse : « j’ai entendu la demande très forte des Toulousains en faveur de l’écologie et j’accélérerai ». Quitte, avait-il ajouté, « à s’inspirer des projets » de ses opposants. C’est ainsi que Jean-Luc Moudenc, à l’heure d’une nouvelle conférence de presse sur son programme, ce jeudi, a introduit son bilan. Un bilan « considérable. Supérieur aux engagements. » Supérieur aussi « aux réalisations de la municipalité Cohen-Briançon-Godec » de 2008-2014.
Car sur l’écologie, Jean-Luc Moudenc ne craint pas ses opposants. Comme d’habitude lors de ces points presse, il a longuement rappelé les actions réalisées. « Plus de nature en ville », c’est d’abord le plan 100 000 arbres d’ici 2030 qui est déjà bouclé « avec 110 000 plantations ». S’il est élu, le candidat promet un nouveau plan avec une cible de 200 000. Les espaces verts ont gagné du terrain à Toulouse : 164 hectares (85 entre 2014 et 2020, 78 depuis). C’est l’île du Ramier mais aussi « une foule de petits squares et jardins » en ville. Vingt-trois hectares ont aussi été débitumés et 70 rues et places verdies.
Le maire sortant a rappelé l’instauration d’un plan « Toulouse plus fraîche » l’été avec des ombrières et des ouvertures prolongées d’équipements publics. Et les investissements pour les écoles : brasseurs d’air et cours oasis. Au chapitre de la qualité de l’air, Jean-Luc Moudenc a vanté une amélioration, « malgré la démographie », due aux créations de pistes cyclables, au développement des VélôToulouse et du réseau de transports en commun.
L’attaque sur la LGV
L’objectif, en cas de victoire, est de transformer 100 % des cours d’école en « oasis ». De poursuivre la rénovation des bâtiments publics, d’économiser l’eau dans ces mêmes bâtiments, de produire deux fois plus d’énergie solaire, de développer les cinq grands parcs de la Métropole et les squares dans les quartiers…
Mais Jean-Luc Moudenc a surtout réactivé le clivage entre l’écologie « pragmatique » qu’il défend et l’écologie « idéologique » ou « punitive » voulue, selon lui, par ses opposants. C’est à ses colistiers Clément Riquet et Alexandra Leuliette qu’il a confié cette attaque. Le premier a souligné que la ligne C laisse en surface de la place aux autres modes de transports quand ses adversaires voudraient imposer leurs solutions, sous-entendu : le rejet de la voiture. « Arrêtez d’embêter les Toulousains ! Partez de la base ! ».
Même exclamation sur la LGV : « laissez les habitants libres de leurs modes de déplacements ! » a-t-il lancé en relevant la « contradiction » des Ecologistes et Insoumis opposés au train lequel se substitue pourtant à la voiture. « L’opposition s’attache à des arbres quand nous, nous les plantons », a renchéri Alexandra Leuliette.
Jean-Luc Moudenc est-il écologiste ? Non, répond-il car « cette étiquette est trop connotée politiquement ». Mais à ses yeux, « l’urgence climatique n’a pas de couleur politique. C’est une cause d’intérêt général. »





















