Les infirmiers libéraux peuvent désormais remettre un kit de dépistage du cancer colorectal à leurs patients partout en France. Cette mesure, déjà testée en Occitanie, vise à simplifier l’accès à la prévention pour une maladie qui touche 48 000 Français chaque année.
Dès ce mois de mars 2026, les infirmiers libéraux peuvent distribuer des kits de dépistage du cancer colorectal à leurs patients dans toute la France. Cette mesure, généralisée par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, s’inspire d’une expérimentation menée en Occitanie l’année dernière.
L’objectif est d’augmenter la participation au dépistage organisé. Actuellement, le taux national stagne à 34%, alors que ce cancer peut être guéri dans 9 cas sur 10 s’il est détecté à temps.
Qu’est-ce que le cancer colorectal ?
Cette maladie touche le gros intestin (le côlon) ou le rectum. Elle débute souvent par une petite tumeur bénigne. Mais avec le temps, elle peut se transformer en tumeur maligne. Les cellules se multiplient alors de façon incontrôlée et perturbent le fonctionnement normal du système digestif.
« Le cancer colorectal est le 3ᵉ cancer le plus fréquent en France, avec environ 48 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Il touche majoritairement les personnes de plus de 50 ans et évolue souvent de façon silencieuse, sans symptômes apparents », explique l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) infirmiers en Occitanie.
Un parcours simple et gratuit
Le dépistage réalisé par l’infirmier libéral se déroule en trois étapes clés pour le patient :
- Évaluation : dialogue sur les antécédents et vérification des contre-indications ;
- Remise du kit : explication du mode d’emploi du test immunologique ;
- Suivi : information sur la conduite à tenir selon les résultats.
La démarche est entièrement prise en charge par l’Assurance maladie. Le kit et son analyse sont gratuits pour les usagers de plus de 50 ans.
Un résultat négatif (96% des cas) implique un renouvellement dans 2 ans. Un résultat positif conduit à une coloscopie, un examen médical qui permet d’observer l’intérieur du gros intestin.
L’Occitanie comme modèle national
Le dispositif avait été testé dès 2025 par l’URPS Infirmiers Occitanie. « Ce dispositif pilote a démontré la faisabilité et la pertinence du rôle infirmier dans le dépistage », souligne Jean-François Bouscarain, président de l’organisation.
Et il ajoute : « Cette évolution ne se limite pas au seul dépistage colorectal. Elle marque une reconnaissance officielle du rôle stratégique des infirmiers libéraux dans la prévention et annonce une transformation plus profonde du système de santé, avec un accès direct renforcé. »






















