Visé par une plainte pour viol déposée par une élève-avocate, le vice-bâtonnier du Barreau de Toulouse a remis sa démission. Dans un communiqué publié le 9 mars 2026, la bâtonnière Sophie Coq indique ne pas avoir connaissance du contenu des plaintes et affirme qu’une enquête déontologique a été ouverte.
Tandis que le Barreau de Toulouse vient de renforcer l’accompagnement juridique des habitants avec deux nouveaux dispositifs — l’un consacré aux violences intrafamiliales, l’autre aux procédures d’expulsion locative — un autre volet de l’actualité secoue l’institution. L’affaire éclate publiquement le 5 mars 2026, lorsque La Dépêche du Midi révèle l’existence d’une plainte visant le vice-bâtonnier de l’Ordre des avocats de Toulouse. Selon le quotidien régional, une élève de l’École des avocats aurait déposé plainte pour « viol, harcèlement et agressions sexuelles ». Les faits présumés se seraient produits alors qu’elle effectuait un stage au sein de l’Ordre des avocats dans le cadre de son parcours de formation.
Le récit d’une emprise progressive et d’un viol présumé
Dans son enquête publiée le 6 mars 2026, La Dépêche rapporte que la jeune femme, âgée de 26 ans, évoque une relation d’emprise progressive qui aurait commencé à l’automne 2025. Elle décrit notamment des comportements jugés inappropriés et affirme avoir envoyé un premier message en octobre pour demander que leurs échanges restent strictement professionnels.
D’après les éléments rapportés par le site, les faits les plus graves auraient eu lieu en décembre 2025. La plaignante affirme avoir été embrassée de force dans un bar, avant de suivre le vice-bâtonnier dans ses locaux professionnels pour une explication, où un viol présumé aurait eu lieu. La jeune femme bénéficie aujourd’hui d’un accompagnement psychologique, précise le média en ligne.
Une seconde plainte évoquant « l’inaction de l’Ordre »
L’affaire ne concerne pas seulement les faits présumés de violences sexuelles. Une seconde plainte viserait également la réaction de l’institution. Toujours selon La Dépêche du Midi, la plaignante reprocherait à la bâtonnière de ne pas avoir suffisamment réagi lorsqu’elle a été informée de la situation. Lors d’un entretien avec le journal, Sophie Coq a contesté toute passivité et déclaré : « Je ne peux pas laisser dire que l’Ordre a été inactif. »
L’article évoque également la question d’un signalement tardif au procureur par l’École des avocats. L’établissement n’aurait transmis un signalement au parquet que le 6 mars, après la médiatisation de l’affaire. Sa directrice, Me Marion Barrault-Clergue, a assuré dans le quotidien que l’école avait agi en soutien de son élève et dans le respect de la présomption d’innocence.
Le vice-bâtonnier remet sa démission
Face à l’ampleur médiatique de l’affaire, le vice-bâtonnier visé par la plainte a rapidement quitté ses fonctions. Dans un communiqué officiel daté du 9 mars 2026, l’Ordre des avocats de Toulouse indique que la démission a été remise dès le lendemain des révélations. « Dès vendredi, Monsieur le Vice-Bâtonnier a remis, auprès du Bâtonnier de Toulouse, sa démission », précise le document. Le communiqué rappelle également qu’à ce stade, la bâtonnière n’a pas accès au contenu précis des plaintes déposées auprès du parquet.
Dans ce même texte, Sophie Coq détaille la chronologie des événements telle qu’elle la présente. Elle affirme avoir eu connaissance des premiers éléments le 16 janvier 2026. Trois jours plus tard, elle aurait proposé de rencontrer l’élève-avocate concernée. L’entretien aurait finalement eu lieu le 26 janvier, en présence d’une amie avocate de la jeune femme.
« La parole des victimes » et la présomption d’innocence
À la suite de cette rencontre, une enquête interne aurait été déclenchée : « Dans les suites immédiates de cet entretien (…) une enquête déontologique à l’encontre du Vice-Bâtonnier a été ouverte », indique le communiqué. Cette enquête a été confiée à un ancien bâtonnier du Barreau de Toulouse, conformément aux règles encadrant la profession d’avocat.
Dans sa prise de parole officielle, Sophie Coq insiste sur les principes qui doivent guider la gestion d’une telle affaire. La bâtonnière affirme notamment que la profession doit concilier plusieurs impératifs : « La lutte contre les violences faites aux femmes, la prise en compte de la parole des victimes, le respect de la présomption d’innocence sont au cœur de ses valeurs et de celles du Barreau de Toulouse. »
Une affaire désormais entre les mains de la justice
Désormais, la suite de l’affaire dépendra principalement des investigations judiciaires. Les plaintes déposées doivent être examinées par le parquet, qui décidera des suites à donner : enquête approfondie, classement ou éventuelles poursuites.
En parallèle, l’enquête déontologique interne au Barreau pourrait également produire ses conclusions dans les prochaines semaines. À ce stade, les personnes visées par les accusations restent présumées innocentes.




















