La session du 5 mars 2026 de la Chambre d’agriculture de Lozère s’est soldée par le rejet du budget 2026. Dans un contexte de tensions qui durent depuis plus d’un an entre la présidence et les élus de la Coordination rurale 48 (CR48), communiqués et prises de position publiques se multiplient.
La crise ne date pas d’hier. Depuis 2025, les relations entre la présidence de la Chambre d’agriculture de Lozère et certains élus proches de la Coordination rurale 48 sont régulièrement marquées par des désaccords. L’an dernier déjà, plusieurs agriculteurs s’étaient mobilisés à Mende pour dénoncer la gouvernance de l’institution et réclamer des changements. Cette mobilisation, organisée devant le siège de la Chambre d’agriculture, témoignait déjà des tensions internes au sein du monde agricole lozérien. Un an plus tard, la session du 5 mars 2026 consacrée notamment au vote du budget a ravivé ces divisions.
Un budget 2026 rejeté lors de la session
Lors de cette session, le budget 2026 présenté aux élus n’a pas été adopté. Dans un communiqué diffusé le 6 mars 2026, la Chambre d’agriculture de Lozère évoque les accusations formulées dans les heures qui ont suivi par la Coordination rurale 48. Selon l’institution, certaines déclarations « ne reflètent pas la réalité des faits et contribuent à entretenir un climat de tension et de suspicion préjudiciable à toute la profession ».
La Chambre d’agriculture affirme que le budget présenté a été élaboré dans un cadre collectif. « Ce budget est construit autour de celui de la Chambre, élaboré avec les contributions de l’ensemble des collèges », précise le communiqué. Le document souligne également que la situation financière de l’institution s’est améliorée ces dernières années, avec un résultat positif enregistré pour l’exercice 2025.
Des désaccords sur la gouvernance de l’institution
Mais pour les élus de la Coordination rurale 48, la lecture est différente. Sur leurs réseaux sociaux, les représentants du syndicat estiment que le budget présenté manque de transparence et que les élus doivent exercer pleinement leur rôle de contrôle. « Un budget opaque ne doit pas être voté. C’est l’argent des agriculteurs », écrivent-ils.
La Coordination rurale 48 estime également que la représentation des élus ne correspond pas suffisamment à l’expression de la profession. Dans une prise de position diffusée publiquement, le syndicat affirme qu’« un élu ne doit pas suivre aveuglément la ligne du syndicat qu’il défend, au détriment de ce que veut la majorité des agriculteurs ». Les représentants de la CR48 évoquent également la nécessité d’une « neutralité syndicale » dans le fonctionnement de l’institution.
Un climat de tension dénoncé par la présidence
Au-delà de la question budgétaire, les tensions portent aussi sur le fonctionnement et la gouvernance de la Chambre d’agriculture. Dans son communiqué, la présidence affirme avoir proposé des places aux élus de la CR48 au sein du bureau. « Lors de la session d’installation, deux sièges de membres du Bureau ont été proposés aux élus CR48, qu’ils ont refusés », indique le texte. La Chambre précise également qu’une place vacante aurait été proposée à plusieurs reprises depuis novembre 2025.
La présidente de la Chambre d’agriculture, Christine Valentin, évoque également un climat de tension croissant au sein de l’institution. « Depuis les élections de 2025, la CR48 a pris l’habitude de mettre publiquement en cause les élus des autres collèges », écrit-elle. Elle estime que certaines accusations publiques constituent « une dérive grave et dangereuse ». Selon la présidence, ces tensions fragilisent la représentation collective du monde agricole et ont déjà provoqué des démissions dans certaines instances professionnelles.
Appels au dialogue et critiques persistantes
Pour la Chambre d’agriculture, le blocage institutionnel pourrait avoir des conséquences concrètes pour les exploitants. « Ce blocage pénalise d’abord les agricultrices et agriculteurs de Lozère, qui voient retardés des projets structurants, des accompagnements techniques et des décisions essentielles pour leurs exploitations », indique le communiqué. Les agents de la Chambre seraient également affectés par cette situation, qui crée un climat d’incertitude pour le fonctionnement de l’institution.
Face à la situation, la présidente appelle à apaiser les tensions. « Je demande solennellement à la CR48 de cesser ses campagnes de dénigrement public contre les élus, les personnels et les organisations professionnelles représentées à la Chambre », écrit Christine Valentin. Elle affirme rester disponible pour travailler à l’élaboration d’un projet et d’un budget pour l’institution.
De son côté, la Coordination rurale 48 maintient ses critiques et appelle à une évolution de la gouvernance de la Chambre d’agriculture. Dans certaines communications, les représentants du syndicat estiment que la majorité des agriculteurs souhaite un changement à la tête de l’institution. Les prochaines sessions de la Chambre d’agriculture devraient permettre de mesurer si un compromis est possible ou si les désaccords continueront à peser sur le fonctionnement de l’institution.

















