François Piquemal, candidat de la liste de LFI et ses alliés “Demain Toulouse”, fait de l’école l’une des priorités de son programme pour les Municipales 2026. Création de 600 postes, cantine progressivement gratuite, fournitures offertes, rénovation des établissements scolaires… On fait le point sur ses propositions.
François Piquemal veut faire de la question des écoles et de l’éducation « une priorité pour le prochain mandat ». Et ce, alors que « Jean-Luc Moudenc a supprimé des postes d’ATSEM [Agent territorial spécialisé des écoles maternelles, NDLR], que le taux d’encadrement dans les CLAE est moins-disant qu’il l’était quand il est arrivé, que les bâtiments scolaires se dégradent avec une moyenne de température de 10 degrés pendant l’hiver et de 30 degrés pendant l’été », affirme le chef de file de la liste “Demain Toulouse”. Face à ce constat, le candidat de LFI et ses alliés fait « une annonce forte » : « la création d’un nouveau service public communal de l’enfance ».
« Ça passera notamment par l’amélioration et l’entretien des bâtiments scolaires. La priorité sera de rénover les écoles avec des cours oasis et des jardins scolaires, mais également le retour d’un concierge par groupe scolaire. Ce sera aussi créer 600 postes durant le mandat, sur des postes spécifiques ; une ATSEM en plus par groupe scolaire, un enseignant d’EPS et un d’arts plastiques et d’activités culturelles. Nous allons donc recruter des enseignants de la Ville de Toulouse », détaille François Piquemal avant d’ajouter : « Nous serons, après Paris, la seule ville de France à être dotée d’un tel service public ». La tête de liste évoque aussi « une revalorisation salariale des ATSEM et un vrai statut des animateurs des CLAE ».
Vers la gratuité des cantines et des fournitures scolaires
En plus de ça, “Demain Toulouse” souhaite « rendre les écoles toulousaines réellement républicaines et égalitaires ». « Aujourd’hui, les enfants, en fonction de la situation de leurs parents, n’ont pas accès aux mêmes choses et de la même manière à l’école. Alors que l’école doit être le symbole de l’égalité où chaque enfant doit être traité de la même manière », estime Agathe Roby, deuxième sur la liste. En conséquence, François Piquemal et son équipe comptent actionner deux leviers. Le premier ; « tendre vers la gratuité de la cantine de manière globale, d’ici la fin du mandat au plus tard ». « Mais, déjà, de rétablir une gratuité immédiate pour les familles les plus précaires », indique la colistière qui déplore le fait que celles-ci doivent actuellement « faire des dossiers de demande de remboursement qui sont chronophages et très compliqués » pour l’obtenir. « Il faut, qu’en fonction du revenu, la gratuité soit directement mise en place », appuie-t-elle.
Toujours concernant la cantine, la liste de LFI et ses alliés veulent « aller vers 100% de produits issus de l’agriculture paysanne et biologique, en donnant la priorité aux produits locaux ». « Seules 4% des écoles toulousaines respectent la loi EGalim [qui fixe l’objectif d’atteindre au moins 50% d’achats durables et de qualité, dont au moins 20% issus de l’agriculture biologique pour la restauration collective, NDLR] », assure Agathe Roby Pour cela, “Demain Toulouse” mise notamment sur le domaine de Candie, propriété de la Mairie, dont « il serait important de diversifier les activités » et le « développement de zones maraichères autour de Toulouse ». La colistière « qui se bat, depuis quatre ans maintenant pour qu’il y ait une alternative végétarienne chaque jour » dans les cantines, évoque également leur volonté de « passer à deux repas végétariens pour tout le monde par semaine », contre un actuellement.
Autre mesure « pour une école réellement égalitaire » : la gratuité des fournitures scolaires. « La Mairie de Toulouse, aujourd’hui, fournit aux enseignants pas mal de matériel, comme des cahiers, mais pas tout le nécessaire. Ce qui manque en fait, c’est la petite liste, qui n’est pas si petite que ça, de feutres, de compas et d’équerres que les parents doivent acheter. Nous voulons donc proposer un kit gratuit de fournitures scolaires à tous les élèves, en plus du matériel qui est mis à disposition des enseignants. C’est une question d’égalité parce que ce n’est pas normal que des enfants ne disposent pas de bonnes fournitures pour travailler », déclare Agathe Roby.
Rénover, ouvrir et sécuriser les écoles de Toulouse
Par ailleurs, François Piquemal et ses colistiers considèrent que les écoles « doivent devenir des lieux de vie dans les quartiers ». « Une fois la journée de classe terminée, elles pourraient avoir d’autres utilisations », suggère le colistier et professeur François Benoît-Marquié. Ils veulent donc ouvrir les écoles aux habitants et aux associations, mais aussi les sécuriser. « Pour plusieurs d’entre elles, l’accès se fait directement depuis la rue et cela peut créer des problèmes de sécurité aux heures de sortie et d’entrée. Nous voulons donc travailler sur la généralisation des rues aux écoles », détaille le colistier. En plus de ça, un dispositif de pédibus, c’est-à-dire une solution de ramassage scolaire pédestre, sera mis en place. « Il s’agit de travailler avec des collectifs de parents, mais aussi avec des employés municipaux sur la réorganisation des espaces et, notamment de la signalétique afin de pouvoir quitter les écoles dans des conditions sécuritaires acceptables », précise François Benoît-Marquié qui avance aussi la proposition d’une régulation de l’affiche publicitaire autour des établissements scolaires.
Pour ce qui est des écoles en elles-mêmes, « une grande rénovation » est prévue. Ce qui passera par la création d’un Plan écoles publiques. « L’objectif est d’avoir une vision globale parce qu’il y a un enjeu thermique et sonore, aussi. Les écoles qui ne sont pas loin de la rocade ou sous les couloirs aériens, subissent toute la journée une pollution sonore qui dérange les élèves et, en plus, leur causent des problèmes de santé. Ces lieux de regroupement que sont les établissements scolaires ont aussi besoin d’être bien pensés en termes de qualité de l’air à l’intérieur », explique François Benoît-Marquié. “Demain Toulouse” « accélèrera aussi la végétalisation et les cours oasis ».
Renforcer la politique de la petite enfance
Outre les écoles, François Piquemal et ses colistiers ont plusieurs propositions pour la petite enfance dans leur programme. « L’accès à un mode d’accueil pour les jeunes enfants est devenu un parcours difficile », rapporte la colistière Victoria Scampa qui dénonce « un manque de places, des inégalités territoriales et une précarité croissante ». « Il est primordial d’augmenter l’offre d’accueil, de renforcer les équipes et de mieux valoriser les métiers de la petite enfance », juge-t-elle. La liste de LFI et alliés veut ainsi ouvrir de nouvelles places en crèches municipales, renforcer le soutien aux crèches associatives et parentales, créer des structures à taille humaine dans les quartiers sous-dotés et de relancer des crèches familiales, « un mode d’accueil complémentaire et qui a progressivement disparu ». Pour « renforcer les équipes », “Demain Toulouse” veut augmenter les moyens humains, améliorer les conditions de travail et prévenir l’épuisement professionnel. Enfin, la valorisation de ces métiers passera par une gouvernance plus horizontale, « davantage de temps d’échanges » avec les professionnels et un renforcement de la valorisation des diplômes et de l’expérience.


















