Ce jeudi 12 mars, le Zénith de Toulouse remonte le temps avec « Stars 80 Forever ». Vingt ans après le lancement d’une aventure que personne n’osait prédire, Jean-Pierre Mader, Émile et Images retrouvent leur public toulousain pour une soirée qui s’annonce électrique. Entre nostalgie sincère, « figures imposées » du Top 50 et communion entre générations, ils sont le remède ultime à l’anxiété ambiante.
Flash-back. Il y a vingt ans, la tournée RFM Party 80, lancée par Olivier Kaefer et Hughes Gentelet, remet au goût du jour les tubes des années 80 — ces succès sur lesquels toute une génération, aujourd’hui adulte, a dansé. Nostalgie, quand tu nous tiens… Les concerts affichent complet : les parents retrouvent leurs jambes de vingt ans et transmettent la flamme à leurs enfants à travers des tubes irrésistibles : « Macumba », « Plus près des étoiles », « Femme libérée », « Born to be alive », « Les Démons de minuit »…

La tournée change ensuite de nom et devient « Stars 80 », en écho au film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann, qui attire 1 800 000 spectateurs en quelques semaines — on en est aujourd’hui à plus de 2,5 millions d’entrées. Le succès se transforme en triomphe : le Stade de France affiche complet à trois reprises et, à ce jour, plus de 5 millions de spectateurs ont déjà assisté à une soirée « Stars 80 ».
Ils régnaient sur la pop française dans les années 80 : normal qu’ils constituent le « noyau dur » de la tournée. Le contingent toulousain — Mader, Gold, Images — est présent dès le début de l’aventure, rejoint en 2015 par la pétillante Pauline Ester. Les enfants du pays, Jean-Louis Pujade et Mario d’Images, Emile de Gold et Images, et bien sûr Jean-Pierre Mader seront bien là ce jeudi.

« Les stars, ce sont nos tubes »
Le chanteur de « Macumba » se souvient des débuts fracassants de « Stars 80 » : « Ça a marché tout de suite, et le succès ne s’est jamais démenti. Le casting n’a pas tant évolué que cela. Ce jeudi, nous ferons notre cinquième Zénith de Toulouse, et nous présenterons une création travaillée à Marseille. Comme en patinage artistique, il y a les figures imposées — nos tubes — et les figures libres. Les stars, ce sont les tubes. Avec Gold, Images et moi, on a mis Toulouse sur la carte de la pop. On a su, avec clairvoyance et intelligence, incarner une certaine France, moins anxiogène. Celle de Desproges, de Coluche, des radios qui arrivaient, libérées. Notre histoire est faite de hauts et de bas, et on a su cristalliser cette période, que le public revit régulièrement dans les fêtes de famille, les événements commémoratifs. Cette époque a un parfum indélébile. Il y a des odeurs, des lieux, des couleurs. Comme les saumons, nous remontons le courant, le temps. »

« On danse plus volontiers sur ‘Les démons’ que sur Gims ! »
Myriam, enseignante quadragénaire à Saint-Orens, voit dans le succès phénoménal de cette tournée « les parfums de la nostalgie » : « Ces chanteurs cassaient la baraque au moment où nous avons commencé à sortir, à acheter nos disques », se rappelle-t-elle.
Comme en écho, Johannes, jeune plombier, observe que « ces chansons sont celles vers lesquelles on se tourne quand on veut se revivre des moments forts de notre jeunesse. Partout en France, on danse plus volontiers sur ‘Les démons de minuit’, que sur Gims. » Sa compagne Zoé hoche la tête : « Ce sont des chansons très faciles à retenir et à reprendre en chœur. D’ailleurs les plus grands succès actuels sonnent souvent comme des remix eighties ! »

Box-Office, qui promeut la tournée dans le Sud-Ouest, confirme : « C’est un succès immense, qui n’a jamais faibli, observe Didier Chouchane. Les quarante ans et plus reviennent, grâce à ces chansons, sur leurs années de jeunesse et, maintenant, toutes les générations connaissent ces tubes intemporels. »
Le point commun entre ces artistes qui, de l’aveu même de l’auteur de « Disparue », auraient « frôlé la ringardisation » sans cette miraculeuse renaissance ? Une authenticité, une proximité ni démagogique ni rance, mais profondément sincère. « Quand tu entres dans une brasserie, tu commandes quoi ? Les œufs mimosa, non ? Eh bien voilà, nous sommes ça ! »
Sous-titrée « L’ultime rendez-vous des légendes », cette série de shows sera-t-elle la dernière ? Jean-Pierre Mader répond : « Je ne voudrais pas faire la tournée de trop. »




















