Les habitants de la résidence du quartier Green Touch dans le quartier toulousain des Ramassiers subissent au quotidien les nuisances provenant du camp de gens du voyage sédentarisés du Hameau de Fleurance. Un véritable bidonville dont le démantèlement annoncé se fait attendre, malgré les promesses. Les premières évacuations devraient intervenir dès le mois d’avril.
C’est un cri de colère. Entre urgence sanitaire, insécurité et dégradations, les habitants de la résidence Green Touch dans le quartier toulousain des Ramassiers, à la frontière de Colomiers, ne savent plus à quel saint se vouer pour faire entendre leur désarroi. En cause, un camp de gens du voyage sédentarisés, le Hameau de Fleurance, installés depuis de très longues années sur les lieux, mais qui s’est fait rattraper par l’urbanisation galopante.

Un « bidonville » où s’entassent une centaine de personnes dans des maisonnettes de fortune gérées par un bailleur social, le groupe SA Les Chalets. « On nous promet l’évacuation et la destruction de ce campement depuis la création de notre résidence, mais l’aménageur de la zone d’aménagement concertée (ZAC) Oppidea, l’opérateur public de Toulouse Métropole et la mairie de quartier nous mènent en bateau », se désole un membre du conseil syndical de la résidence concernée. Avec le sentiment d’avoir été abandonné par les pouvoirs publics.
« Un quartier à l’abandon »
« Depuis cinq ans, la situation est pourtant devenue invivable, assure-t-il. Au quotidien, notre réalité est alarmante. On subit les incivilités et la délinquance, mais aussi les fumées toxiques des feux de détritus, sans aucune intervention des autorités. C’est une véritable mise en danger de la vie d’autrui dans un quartier qui n’est plus entretenu ». Sans parler de la dimension immobilière fortement dépréciée. « Nos biens perdent toute valeur à cause de cette situation que personne ne semble vouloir régler, renchérit le résident. Nous avons le sentiment d’être les oubliés de Toulouse et ce, malgré une campagne électorale assez riche. Nous sommes aujourd’hui dans une véritable boîte noire. Aucune communication, aucun planning, aucune visibilité sur le démantèlement de ce campement. Malgré les réunions et les promesses, rien ne bouge ». Du moins jusqu’à aujourd’hui… Car le maire de quartier, Jean-Jacques Bolzan, que nous avons contacté, a enfin annoncé du concret. « Les premières maisons du Hameau de Fleurance vont être détruites dans le courant du mois d’avril, nous a-t-il confirmé. Sept familles volontaires vont être relogées dans d’autres logements sociaux ».
La destruction va commencer
L’élu au Capitole reconnaît toutefois que le plan d’évacuation a mis du temps à se mettre en œuvre. « C’est une opération compliquée, à tiroirs, explique-t-il, menée en concertation avec le bailleur social. Pour chaque famille du campement, il faut trouver un nouveau point de chute ». Quant aux accusations d’abandon du quartier, il s’inscrit en faux sur la supposée passivité de la ville face à cette détresse sanitaire et sécuritaire.
« Nous avons déjà agi sur la propreté en nettoyant les abords du camp et en resserrant son accès. Nous avons installé aussi des caméras pour prévenir les actes délictueux. On a même mis en place des contrôles de voitures et de stationnement »… Bref, la situation semble appréciée désormais à sa juste mesure. Mais il faudra encore juste un peu de patience aux habitants de la résidence Green Touch. Un an et demi au mieux. Les dernières familles de gens du voyage devraient quitter le Hameau de Fleurance d’ici la fin 2027. Cette fois, l’engagement est clair !
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