La vie dramatique d’Alfred Nakache (1915-1983), bouleversée par les tragédies du XXe siècle, avait déjà été racontée dans des séries, au théâtre ou dans des livres, comme « Le Nageur » de Pierre Assouline (Gallimard), en 2023. Le multiple recordman du monde et d’Europe de natation, figure des Dauphins du TOEC et de Toulouse, a également vu son existence déclinée de manière inattendue : « Papillon », de Florence Miailhe, est en lice dans la catégorie « court-métrage d’animation » pour les Oscars 2026, dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars (heure française). Papillon, comme la nage fétiche d’Alfred Nakache.
Une trace indélébile à Toulouse
Le « nageur d’Auschwitz », rescapé des camps d’extermination nazis dont sa femme Paule et leur petite Annie, 2 ans, ne sont jamais revenues, a donné son nom à la plus célèbre piscine de sa ville d’adoption, sur l’île du Ramier.
« Papillon » porte également l’empreinte de Toulouse, qui abrite la société XBO Fils, coproductrice (avec les Parisiens de Sacrebleu Productions) de ce petit bijou d’émotion de moins de 15 minutes, soutenu financièrement — entre autres — par la Région Occitanie et Toulouse Métropole, et visible sur le site d’Arte. Et c’est dans le studio La Ménagerie, à Tournefeuille, que les images à dominante bleu mer, peintes à l’huile par Florence Miailhe, ont pris vie.
« La dernière nage » d’Alfred Nakache
« J’ai eu envie de raconter la dernière nage de Nakache, explique l’auteure sur Arte. Il a 68 ans. Il nage, il nage, et au fur et à mesure les souvenirs remontent à la surface. »
Le court-métrage renvoie à l’enfance algérienne de son héros, né dans une famille juive de Constantine, puis à ses joies sportives, comme à ses drames personnels.
Alfred Nakache finit par disparaître dans la mer, dans une allusion à la mort du champion, terrassé par une crise cardiaque pendant qu’il nageait, comme tous les jours, dans le port de Cerbère (Pyrénées-Orientales).
Une histoire de famille
Florence Miailhe n’a pas choisi son sujet par hasard, comme on le découvre au moment du générique de fin. La réalisatrice parisienne a appris à nager avec William Nakache, le plus jeune frère d’Alfred, issu d’une fratrie de 11 enfants.
Et Jean Miailhe, père de Florence et résistant, a connu le nageur à Toulouse, pendant la Seconde Guerre mondiale. « Artem », son autre surnom, aidait l’Armée juive, en assurant la préparation physique des membres de cette organisation clandestine fondée en janvier 1942 dans la Ville rose.
Nommé aux César 2025, « Papillon » a déjà été récompensé à Berlin et à Annecy en 2024, puis à Stuttgart en 2025. En attendant la consécration ultime à Los Angeles ?
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