Les maladies neurodégénératives ne concernent pas que les humains. Les chiens et les chats, en vieillissant, peuvent développer l’équivalent de la maladie d’Alzheimer. Explications avec des vétérinaires chercheurs à Toulouse à l’occasion de la Semaine du cerveau.
Les animaux domestiques peuvent-ils perdre la mémoire, être désorientés comme pourraient l’être des humains souffrant de maladies neurodégénératives ? La réponse est oui et c’est l’objet des études menées par des vétérinaires toulousains. Ils présenteront leurs travaux au grand public dans le cadre de la Semaine du cerveau, mardi 17 mars à Toulouse (1).

Enseignants-chercheurs à l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), Giovanni Mogicato et Charles Montel travaillent aussi au sein de l’unité de recherche Inserm ToNIC (Toulouse NeuroImaging Center). Ils s’intéressent au vieillissement cérébral chez les animaux domestiques, notamment les chiens et les chats. « Et c’est d’autant plus pertinent aujourd’hui que, comme chez l’être humain, avec les progrès de la médecine, les animaux vivent de plus en plus vieux. Et on voit apparaître des maladies neurodégénératives. Chez le chien, ce qu’on appelle le syndrome de dysfonctionnement cognitif ressemble énormément à la maladie d’Alzheimer », posent les deux chercheurs.
« On peut améliorer l’alimentation de l’animal et le stimuler »
Parler de ces recherches permet de sensibiliser les propriétaires de chiens et de chats. « Souvent, ils pensent juste que c’est une question de vieillissement. Ils consultent beaucoup leur vétérinaire quand l’animal est jeune, notamment pour le suivi des vaccins, mais pas quand l’animal vieillit », explique Giovanni Mogicato, qui indique quelques symptômes à repérer. « Un chien avec un syndrome de dysfonctionnement cognitif peut ne pas retrouver son chemin, y compris dans la maison. Alors que, d’habitude, il attend près de la poignée de la porte que son maître lui ouvre, il va se positionner de l’autre côté. Il peut changer de comportement, être très fatigué, ne plus être propre, tous ces signaux peuvent inviter à consulter. Chez un chat, qui dort beaucoup et qui vit moins près de son maître, les signes cliniques seront moins faciles à voir. »

La consultation chez un professionnel de la santé animale permettra d’écarter d’autres pathologies, comme la surdité ou des problèmes de vue. « On procédera par élimination et en s’appuyant sur un questionnaire cognitif, mais le diagnostic n’est pas simple à établir. Il n’existe actuellement pas de traitement, mais on peut améliorer l’alimentation de l’animal, essayer de le stimuler », complète Charles Montel.
La recherche, quant à elle, pourrait servir l’être humain. « Les cerveaux d’un chien et d’un humain sont anatomiquement comparables et ils évoluent tous les deux dans le même environnement, donc ce qu’on peut trouver chez l’animal est utile et inversement », concluent les chercheurs.

















