Sa voix, inimitable, accompagne les auditeurs fans de foot de RMC et aujourd’hui de RTL depuis plus de trente ans. Jano Rességuié, journaliste natif de Montauban (Tarn-et-Garonne), publie ses souvenirs après 2 587 matchs et s’apprête à couvrir pour M6 neuf rencontres de la Coupe du monde 2026 depuis Paris.
Rares sont les hommes qu’on reconnaît à la voix plutôt qu’aux traits de leur visage. Jano Rességuié fait partie de ceux-là. « Un jour, j’étais dans un restaurant à Reims avec mon épouse Virginie et j’ai été interpellé par un auditeur. La voix, c’est l’accent. Pas mal de collègues m’avaient dit à Toulouse et à Sud Radio : il te faut faire attention à ton accent. En fait, c’est l’accent qui a été ma marque de fabrique. »
Son timbre de voix, son débit et sa montée dans les aigus d’autant plus vertigineuse un soir d’avril 2023 au Stade de France quand le journaliste de RMC a commenté les cinq buts du Toulouse Football Club, le club qu’il supporte depuis toujours, en finale de Coupe de France : voilà tout ce qui a fait la marque de Jano. Le Montalbanais a pris sa plume pour raconter « 30 ans de ballon aux premières loges », à ce poste privilégié de commentateur.
Pour ramasser ses souvenirs dans ce bouquin à paraître le 6 mai chez Talent Sport (1), l’enfant de Montauban « avait besoin que des gens me rafraîchissent la mémoire. On a bossé avec Hugues Berton et Olivier Cabrera. Hugues m’a connu à Paris. Son fils, supporter des Verts, m’écoutait à la radio. Olivier, lui, m’a apporté son expertise du ballon : c’est un supporter de Lyon. » Jano Rességuié se garde bien de s’immiscer dans la rivalité ancestrale entre l’ASSE de son ami Jean-Michel Larqué, qui signe la préface de son livre, et l’OL de Jean-Michel Aulas, « un des dirigeants de football qui m’a le plus marqué ».

Drôle de destin que celui de Jean Rességuié, fils d’un artisan photographe de Montauban qui était parti pour suivre les traces de son père. « C’est vrai qu’il n’était pas prévu que je fasse de la radio. J’ai fait des études de photographe. »
Pourtant, c’est à la station Radio Monte-Carlo, à Toulouse, que Jano a fait ses premières armes de journaliste en 1987. « Je traitais toutes les informations, dont le sport. Et à cette époque, le TFC marchait fort avec Daniel Jeandupeux et surtout Jacques Santini. » On en revient aux anciennes gloires des Verts. Comment Jano aurait-il commenté la tête de Santini s’écrasant sur les poteaux carrés d’Hampden Park à Glasgow lors de la finale de la Coupe des clubs champions 1976, maudite (pour les Verts), entre Saint-Étienne et le Bayern de Munich ? On ne le saura jamais.
Des matchs de légende, Jano en a commenté beaucoup, à la radio, comme un derby Milan AC-Inter dans « la cathédrale de San Siro, un des stades qui m’a le plus marqué avec le nouveau Wembley » mais aussi à la télé, notamment en 2019, un match retour façon remontada entre Liverpool et le Barça à Anfield. « À l’aller, Barcelone avait gagné 3-0. Liverpool l’a emporté 4-0 au retour avec un dernier but d’Origi. »
« La finale France-Brésil 1998, je l’ai commentée pour 30 personnes dans un appartement de Platja d’Aro »
Jano a aussi vécu au micro de RMC les deux dernières finales de Coupe du monde, celle de 2018 en Russie remportée par les Bleus de Deschamps face à la Croatie, et la dernière, en 2022 au Qatar, perdue aux tirs au but face à l’Argentine de Messi. « J’en suis à 2 587 matchs commentés et grâce à M6, je ne serai pas bloqué à ce chiffre. Je vais commenter neuf matchs de la prochaine Coupe du monde, avec Jean-Marc Ferreri. La première affiche, ce sera Allemagne-Curaçao le 14 juin. » Cette fois, pas de bagages et de long-courrier pour le journaliste. « Je commenterai depuis Paris. Je suis bien content car cette Coupe du monde aux États-Unis, au Canada et au Mexique ne m’attirait pas forcément. »
Jano se souvient évidemment de la première Coupe du monde qu’il a suivie, celle de 1998 en France. « J’étais au bureau de RMC à Montpellier, alors j’ai commenté les matchs disputés à la Mosson et j’ai bossé jusqu’à la demi-finale Brésil/Pays-Bas, au stade Vélodrome. La finale France/Brésil, je l’ai commentée pour une trentaine de personnes dans un appartement à Platja d’Aro. J’étais accrédité mais je n’avais pas de billet pour le Stade de France. »
« Sept Coupes du monde, les voyages, les déplacements » ont fait partie du quotidien de Jano Rességuié pendant son long parcours à RMC, 37 ans de fidélité conclues en juin 2025. Le Montalbanais a connu les pionniers des consultants radio, le premier d’entre eux, Jean-Michel Larqué, l’ancien capitaine des Verts avec lequel il a collaboré pendant 20 ans, et puis Luis Fernandez, Rolland Courbis « et un peu Éric Di Meco quand Courbis était en prison ». À ce sujet, Jano livre une anecdote savoureuse. « Le jour où la police est venue interpeller Rolland Courbis dans l’enquête sur les transferts illégaux à l’OM, il avait droit de passer un seul coup de fil avant de partir en garde à vue. C’est moi qu’il a appelé. Il m’a demandé de prévenir François Pesenti (NDLR : ancien directeur de RMC Sport) qu’il ne pourrait être présent à l’émission du soir. »
« Derrière les buts », une série de podcasts avec le district
L’histoire entre le foot et Jano Rességuié n’est pas terminée. « J’interviens dans RTL foot, du vendredi au dimanche, jusqu’au 20 juillet. Est-ce que je vais resigner la saison prochaine ? Je ne le sais pas. » Très attaché à Montauban et à son département, le journaliste radio a déjà enregistré une série de podcasts, « Derrière les buts », dans le cadre d’une collaboration avec le district de Tarn-et-Garonne. Deux ont déjà été publiés, le premier sur les « petites mains », ces bénévoles indispensables au foot amateur, et le second en hommage à Pierre Sales, président du Cazes Olympique disparu à la fin de l’année 2025. Un troisième podcast est en préparations sur les 100 ans du club de Lafrançaise. « Je prépare aussi le livret souvenir des 80 ans du district du Tarn-et-Garonne. » Car Jano Rességuié n’est pas qu’une voix du foot, il en est aussi une plume.















