Star des réseaux sociaux, suivi par 240 000 abonnés, Monsieur le Prof était jugé en diffamation devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Le dernier inspecteur de l’Éducation nationale à l’avoir évalué s’était reconnu dans un passage de son livre brûlot et sur ses posts Instagram et Facebook. La justice a rendu sa copie ce mardi 19 mai.
Il ne s’était pas défilé. Le 24 février dernier, Monsieur Le Prof, de son nom de plume William Lafleur, s’était présenté à la barre du tribunal correctionnel de Toulouse devant lequel il était poursuivi en diffamation. Son accusateur, lui, avait préféré demeurer dans l’ombre.
240 000 abonnés sur les réseaux
Cet inspecteur de l’Éducation nationale dénonçait dans sa plainte plusieurs passages du livre de la star des réseaux, suivie sur Instagram et Facebook par près de 240 000 abonnés, ainsi que des posts.
« On incrimine trois pages d’un livre qui en compte 440 [et repose sur 2 400 témoignages]. C’est un livre contre un système, pas pour pointer du doigt un inspecteur », s’était défendu l’auteur.
A-t-il franchi la ligne rouge ?
Le prof d’anglais de 37 ans, ex-enseignant vacataire à Toulouse, avait notamment dénoncé dans L’Ex-plus beau métier du monde (Flammarion) « la maltraitance institutionnelle » qui sévit selon lui dans l’Éducation nationale.
Mais en s’appuyant sur sa propre expérience, en l’occurrence la dernière évaluation de sa carrière avant de démissionner, un entretien enregistré à l’insu de son interlocuteur, a-t-il franchi la ligne rouge ? « Mon client est identifiable. Il passe pour un salaud, ce qu’il n’est pas, et a été cloué au pilori », s’était indigné Me Laurent De Caunes, en partie civile, avant de réclamer 5 000 euros de dommages et intérêts.
« Un style d’écriture cash »
Prônant la liberté d’expression, l’avocate de Monsieur Le Prof avait rappelé son extrême affliction. « Il est sorti rincé, dépité et en souffrance de cette inspection. Son style d’écriture est peut-être cash, mais à aucun moment diffamatoire », avait insisté Me Élodie Baudras.
Après s’être donné trois mois de réflexion, le tribunal a finalement rendu sa copie ce mardi 19 mai en relaxant William Lafleur quant aux propos publiés dans son livre. Mais il l’a condamné à 500 euros d’amende pour diffamation envers un fonctionnaire sur X (ex-Twitter).













