À Toulouse, un homme d’une trentaine d’années a été blessé à l’épaule par un tir d’arme de poing, ce lundi soir, sur la place de la Maourine, dans le quartier de Borderouge. Deux hommes, arrivés sur une motocross électrique, auraient ouvert le feu avant de prendre la fuite.
Le jour tombe à peine sur la place de la Maourine, à Borderouge. Quelques silhouettes remontent de la bouche de métro, ralentissent, regardent les camions de pompiers et les forces de l’ordre dispersés sur les dalles grises, puis pressent le pas. Devant le centre commercial, une rubalise découpe la scène. Derrière, un groupe de policiers échange à voix basse. L’esplanade est presque vide. Un tireur a fait fuir tout le monde.
Vers 20 h 30, une détonation a claqué. Sèche. « Tout le monde l’a entendue. Tout le monde a couru. C’était la panique », raconte un employé d’un restaurant de la place. Selon lui, deux hommes circulant sur une motocross électrique noire, sans casque, seraient arrivés avant d’ouvrir le feu. « Ils ont tiré. Je n’ai pas l’impression de connaître la victime », ajoute-t-il encore. Les deux suspects ont quitté les lieux aussitôt.
La victime, un homme d’environ 30 ans, aurait été touchée à l’épaule gauche par un tir de calibre 7,65. Selon plusieurs témoins, il travaillerait dans un bureau de tabac du secteur. Après avoir été atteint, il se serait réfugié dans la station de métro Borderouge, à quelques mètres de là. Sur la place, aucune trace de sang visible ne permet, à première vue, de reconstituer précisément sa trajectoire. Les premiers soins lui ont été prodigués par les policiers, en attendant l’arrivée du Smur et des sapeurs-pompiers. Le blessé a ensuite été transporté aux urgences du CHU Purpan. Son pronostic vital n’est pas engagé.
Un mobile encore inconnu
Autour du périmètre, les rares habitants présents restent à distance. « C’est rare de voir la place aussi vide », lâche un homme d’une vingtaine d’années, les yeux fixés sur les véhicules de secours. Un autre, plus inquiet, laisse tomber cette phrase : « Sur la vie de ma mère, tu te dis : ‘je peux prendre une balle’. J’ai peur maintenant. »
Les enquêteurs devront désormais établir le mobile de l’agression armée. Sur place, un témoin a livré aux forces de l’ordre une description physique des deux suspects, présentés comme assez jeunes. Les nombreuses caméras de vidéosurveillance du quartier devraient être rapidement exploitées pour tenter de suivre leur fuite et confirmer leur mode opératoire.
La place Maourine, au débouché du métro Borderouge, est connue des riverains pour ses attroupements et ses trafics de cigarettes et de cannabis. Reste à savoir si ces coups de feu ont un lien avec cette économie de rue, ou si la victime a été visée pour une autre raison. L’enquête devra le dire.













