La tournée musicale « Les Années 80 » réunira samedi 23 mai des artistes au Zénith de Toulouse pour une fête nostalgique et familiale : Plastic Bertrand, Jean Schultheis, Lio et bien d’autres embarqueront le public dans un voyage dans le temps salvateur. Lio nous a accordé une interview dans laquelle, fidèle à ses convitions, elle évoque son actualité culturelle mais dénonce aussi les comportements de certains artistes, comme Patrick Bruel.
Comment expliquez-vous le succès des tournées dédiées aux années 80 ?
Les gens étaient petits à l’époque, ils ont grandi et c’est devenu la madeleine de Proust, le truc rigolo qu’on a plaisir à partager, et ça, c’est toujours un bonheur. Pour nous, c’est comme une grande émission télé avec des gens que je connais très bien comme Jean Schultheis. Mon préféré, c’est l’ours, Jean-Pierre Morgand (ex-chanteur du groupe Les Avions, ndlr) et, évidemment, le Belge fou, que j’aime de tout mon cœur. Plastic Bertrand est une sacrée force de la nature et je connais bien son histoire qui n’a pas été facile.

En résumé, vous venez pour faire la fête ?
Oui, c’est la fête ! Les gens viennent en famille pour s’amuser et vraiment pour chanter ! On vit un truc très physique, très physiologique en chantant à pleine voix. Quelles que soient les conneries que vous chantez, croyez-moi, ça fait du bien ! D’ailleurs, c’est comme ça que j’y ai entraîné mes filles, parce que mes filles ne voulaient pas, parce qu’elles trouvaient que c’était ringard. Et je leur ai dit « Mais vous allez voir que vous allez rire ! » Et elles sont venues et elles ont ri ! Et après, elles étaient vraiment très contentes, elles sont venues avec trois copines. C’est le plaisir de chanter des paroles comme « Et tu tapes, tapes, tapes… » (« Nuit de folie » de Début de soirée, ndlr) qui nous font rire finalement. Que les gens le veuillent ou non, c’est la banane qui arrive !
Comme celle du public qui vous retrouvera en solo à l’Olympia en décembre puis en tournée en 2027 ?
C’est très excitant et très chouette parce que, comme je laisse l’écriture et la musique à d’autres gens, je m’occupe des arrangements et de tout ce qui va autour. Je mets la musique, les images, l’espace, les costumes ensemble et c’est évidemment très chouette pour moi de travailler un récital entier alors que dans « Les Années 80 » je ne prépare qu’une saynète. On n’a pas les mêmes moyens ni la même liberté, donc revenir sur scène en solo me remplit de joie !
Votre nouvel album « Geoid Party in the Sky », paru voilà peu, est marqué par le décès de votre fils Diego mais aussi par la présence de nombreuses jeunes artistes qui ont écrit pour vous…
Je ne l’aurais pas fait autrement. Si je l’ai fait, c’est parce que je voulais le faire comme ça et que j’ai pu le faire comme ça. Ça fait un peu misérabiliste de le dire « la pauvre vieille qui est trop contente que les jeunes viennent autour de moi », mais je ne l’ai pas vécu comme ça. J’ai juste regardé autour de moi des filles pour leur demander de collaborer avec moi et ça leur a semblé naturel.
Hoshi a été un élément moteur du projet ?
Hoshi est pour moi la grande sœur de tout cet album, elle a été la première à avoir embrayé sur mon projet. Et s’il n’y avait pas eu sa chanson « Basta », je ne pense pas qu’il y aurait eu le reste. Inspirer une chanson comme « Basta » à une meuf que j’admire plus que tout m’a donné la foi de demander à d’autres créatrices, autrices et musiciennes de participer à cet album.
C’est une jeune génération qui s’identifie à votre parcours, à vos propos et vous reconnaît le rôle de porte-voix ?
Je suis une femme parmi d’autres qui l’ouvrent, je parle parce qu’on me met les micros devant la bouche, mais je ne suis pas un porte-parole. Mais vous avez raison, je suis plutôt un porte-voix pour faire résonner les paroles de nous toutes.
Votre lutte féministe vous amène-t-elle à revoir vos positions sur des artistes que vous avez adulés comme Prévert, Vian, Gainsbourg ?
J’adore Prévert, Vian est un grand génie, mais ils étaient tous très misogynes, ces hommes ! Et je ne suis pas d’accord avec la génération des plus vieilles que moi qui dit qu’on ne doit pas toucher aux idoles. Je pense qu’on ne doit pas faire la différence entre l’homme et l’artiste, donc j’ai beaucoup de mal. J’ai aussi beaucoup aimé Gainsbourg, mais c’est l’idole aux pieds d’argile de la France parce qu’il représente tellement aussi la France dans toute sa dégueulasserie. Je ne peux plus supporter tout ça, donc je signe toutes les pétitions pour qu’il n’y ait pas de rue qui porte son nom. Et j’en suis désolée pour Charlotte et toutes les femmes formidables qu’il a eues autour de lui.
Quant à Bruel, on le sait depuis des années... Qu’il aille se faire soigner ! Il faut lui apprendre à rentrer son sexe, je suis désolée, il a un problème.














