La préfecture de la Haute-Garonne a piloté, mercredi 20 mai, devant les médias, une opération de démolition de constructions illégales sur un terrain situé dans la commune de Bois-de-la-Pierre, au sud-ouest de Toulouse. Le propriétaire, qui n’était pas sur place, avait été condamné en 2018 à remettre son terrain dans son état d’origine.
C’est une affaire qui occupe le maire de Bois-de-la-Pierre (480 âmes au sud-ouest de Toulouse), Stéphane Wawrzyniak, depuis une bonne dizaine d’années. Elle s’est soldée, mercredi 20 mai, par une démolition en règle d’un long mobile-home, d’un hangar attenant fait de bois et de tôles, d’autres débarras et objets divers qui jonchaient un terrain (quartier La Bordasse), appartenant à un propriétaire dont la mairie a momentanément perdu la trace.
Une condamnation de 2018
Dès ce mercredi matin, un tractopelle était à l’œuvre pour tout démolir. L’acte final d’un jugement rendu en 2018 par le tribunal correctionnel de Toulouse, à l’initiative de la commune de Bois-de-la-Pierre, condamnant le « propriétaire à la remise en état des lieux ainsi qu’à une amende », malgré « une dernière mise en demeure ».

Le « phénomène de la cabanisation »
Devant les médias, le préfet de la Haute-Garonne et de région, Pierre-André Durand, a souhaité mettre en lumière ce « phénomène de cabanisation » qui tend à prendre de l’ampleur dans le département. La construction sans permis de construire serait en hausse en Haute-Garonne, mais aucun chiffre précis n’est communiqué. Actuellement, cinquante procédures sont en cours d’instruction par le parquet de Toulouse.
Une charte et un mode d’emploi pour les maires

D’autres démolitions sont prévues « en 2026, 2027 et 2028 », a indiqué le préfet, qui rappelle : « C’est un sujet sur lequel les maires sont très sensibles. Avec l’Association des maires de France, des maires ruraux sont très impliqués sur cette problématique. A été signée une charte de lutte contre la cabanisation, pour donner un mode d’emploi aux maires. » Le préfet était présent, en octobre 2025, lors de la démolition d’une maison de trois pièces de 90 m² construite sans autorisation sur la commune de Carbonne. Là aussi, les pelleteuses avaient rasé l’habitation au terme d’une procédure judiciaire de sept ans.
« Je ne sais pas où est le propriétaire »
À Bois-de-la-Pierre, entre le maire et le propriétaire de ce terrain qui borde une petite route communale, un bras de fer qui avait trop duré. Stéphane Wawrzyniak raconte : « Ce lieu appartient à une personne qui a eu la bonne idée d’installer un mobile-home, une caravane, de faire des constructions autour. Cet aménagement a fait l’objet d’un jugement demandant au propriétaire de remettre le terrain dans son état d’origine. D’une façon épisodique, il a habité là pendant un moment, pendant une autre période, il est venu avec sa jeune femme et ses deux filles. Elles ne sont plus là, lui est parti plus tard. »
« Nous avions quelques discussions houleuses »
Le maire assure « ne pas savoir où est le propriétaire », mais il le connaît de longue date. « Au départ, ce monsieur était locataire dans un logement communal pour lequel il nous avait laissé une belle ardoise, nous l’avons fait sortir, explique M. Wawrzyniak. Il avait des problèmes. Je n’ai jamais su quels étaient ses moyens, ses revenus. Nous avions quelques discussions houleuses, où je lui avais proposé de travailler avec lui pour simplifier sa situation, faire des démarches pour un logement plus adéquat. Sa réponse avait été négative. »
Désormais, les services de l’État veulent accentuer la pression sur les propriétaires de terrain qui seraient tentés par l’aventure de la cabanisation. Stéphane Wawrzyniak l’a rappelé dans son discours : « La commune, en lien avec les autorités judiciaires, a pris ses responsabilités. La cabanisation n’est pas un phénomène anodin. Derrière des installations qui peuvent sembler modestes se développent parfois de véritables occupations illégales de terrains agricoles et naturels. »













