Logé dans un petit appartement-hôtel sur la commune de Cornebarrieu depuis son arrivée en France et après avoir fui la guerre en Ukraine, un couple avec quatre enfants risque de se retrouver sans logement à la fin du mois de juin. Il lance un appel à l’aide pour trouver un logement.
Sous le soleil écrasant de ce lundi de Pentecôte, Nino attend sur le parking de sa résidence Appart’Hôtel sur la commune de Cornebarrieu. La jeune femme, âgée de 41 ans, originaire de Géorgie, ne sait plus très bien à qui s’adresser depuis qu’elle a appris récemment qu’elle devait quitter ce logement provisoire (Appart’City). Elle y vit avec son compagnon et leurs quatre enfants depuis qu’ils ont fui la guerre en Ukraine en avril 2022.
La « fin des financements accordés par l’Etat »
Un courrier en date du 12 mai dernier de l’Entraide protestante lui signifie que « le centre d’hébergement doit fermer définitivement ses portes ». L’association justifie sa lettre par le contexte national : « suite à une décision de la DDETS 31 [direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités, ndlr], en raison de la fin des financements accordés par l’État, vous devez quitter le centre d’hébergement ».
Les enfants scolarisés à Mondonville et Aussonne
Pour cette famille qui a vécu l’exode et tente par tous les moyens de s’intégrer en France, c’est à nouveau le début d’une période d’incertitude. Nimo, qui ne peut retenir ses larmes en évoquant son périple pour quitter l’Ukraine, travaille depuis deux ans dans une école maternelle de Mondonville, où elle a pu scolariser ses enfants âgés de 3, 7 et 9 ans. Sa fille de 16 ans est dans un établissement à Aussonne.
David ne travaille pas et s’occupe des enfants
Son mari, David, âgé de 53 ans, était employé de banque à Kiev, la capitale ukrainienne. Il a pu éviter de partir au front, mais n’a pas eu le temps d’apprendre le français. Il est suivi médicalement à l’Oncopole de Toulouse. Pour l’heure, il n’a pas retrouvé de travail et s’occupe des enfants pendant que Nino cumule les emplois afin d’avoir suffisamment de ressources pour faire vivre tout ce petit monde. « Je fais aussi des ménages le week-end et le soir quand je ne travaille pas à l’école, dit-elle. C’est une situation très difficile pour nous. »
« A cause des bombardements, ma fille n’a plus parlé pendant deux semaines »
Une situation qui s’ajoute à ce que le couple a enduré, après l’invasion russe le 24 février 2022. « On habitait Kiev et en deux jours, on s’est décidé à partir, raconte avec émotion Nino. On s’est installés d’abord à Loutsk, à l’ouest de l’Ukraine, car on voulait être près de la frontière polonaise. On l’a fait pour les enfants. À cause des bombardements, du bruit, ma fille Habriella n’a plus parlé pendant deux semaines, elle avait les yeux comme retournés, elle criait et pleurait. »
« Merci pour toute l’aide et le soutien… »
Nino ne veut pas se plaindre. Elle ne dira jamais assez combien l’aide reçue en France depuis son arrivée a été bénéfique pour cette famille d’exilés. Dans un français impeccable, elle a écrit à l’Entraide protestante pour redire sa crainte de se retrouver sans solution d’hébergement à la fin du mois de juin et pour demander un report de son départ normalement prévu fin mai.
« Je tiens avant tout à vous remercier profondément pour toute l’aide et le soutien que vous nous avez apportés depuis le début, écrit-elle. Grâce à votre accompagnement et à votre compréhension, vous nous avez donné la possibilité de bien nous adapter en France. Les enfants sont bien scolarisés et j’ai pu continuer mon travail et avancer professionnellement dans de bonnes conditions. Je m’engage formellement (…) à libérer définitivement le logement le 25 juin, sans demander de prolongation supplémentaire ni d’autre aide d’hébergement pendant cette période ».














