Déficit de 50 000 euros, subventions en recul, interventions scolaires réduites : le Planning familial de l’Hérault multiplie les signaux d’alarme. L’association, qui accompagne près de 6 000 personnes par an à Montpellier, lance une nouvelle cagnotte pour réunir 20 000 euros d’ici le 15 juin.
En 2022 déjà, le planning familial de l’Hérault avait dû lancer une cagnotte en urgence, et avait bénéficié d’un don exceptionnel de 20 000 euros. Cette année encore, l’association doit réunir 20 000 euros d’ici le 15 juin prochain. Un montant qui ne suffira pas à combler le déficit total de 50 000 euros, mais qui permettra toutefois de rester ouvert. La collecte frôle désormais les 15 000 euros.
Le financement du planning familial repose quasi exclusivement sur des enveloppes débloquées par projet, renégociées chaque année auprès de la préfecture, de la ville de Montpellier et du Département. Un modèle chronophage, qui mobilise un temps considérable quand il s’agit de renouveler les demandes, au détriment de l’accueil du public. Et chaque arrêt de projet entraîne une perte budgétaire importante : le projet “Génération Santé” représentait à lui seul 90 000 euros.
Autre problème : les subventions, qui arrivent souvent avec plusieurs mois de décalage. « Nous devons alors piocher dans notre trésorerie pour payer les salaires et les frais de fonctionnement des locaux, sans avoir encore perçu les subventions », confie Mia Ferret, la présidente du planning familial. C’est précisément ce qui se passe en ce moment.
L’association réclame alors un changement de modèle : des dotations de fonctionnement pérennes et pluriannuelles, pour ne plus dépendre des appels à projets, « sinon, tous les trois ans, voire moins, nous nous retrouvons dans la même situation », prévient Mia Ferret.
Près de 6 000 personnes accompagnées chaque année par le planning familial
En 2025, près de 22 700 personnes ont poussé la porte du Planning familial de l’Hérault. Rien que dans les deux centres de santé sexuelle de Montpellier et d’Agde, 2 770 personnes ont été reçues, dont 640 mineures. Au total, environ 1 000 des 3 000 personnes reçues au centre de santé sexuelle ont entre 15 et 25 ans, un public jeune, précaire, qui n’a pas toujours accès à l’hôpital.
Là, les tests de grossesse, les dépistages d’IST et les consultations gynécologiques sont les actes les plus fréquents. Quant aux interruptions volontaires de grossesse, 250 sont réalisées chaque année, majoritairement médicamenteuses. Chacune est précédée d’un entretien avec un conseiller conjugal et familial. « Nous sommes un centre de santé, pas un centre médical. Il y a une dimension féministe, une dimension de santé globale », précise Mia Ferret. L’association accueille également des personnes transgenres pour un suivi hormonal, dans une logique d’inclusivité assumée.
Au-delà des soins médicaux, c’est donc aussi une bataille culturelle que livre le planning familial de l’Hérault. Pornographie non-éthique accessible en ligne, réseaux sociaux vecteurs d’idéologie masculiniste, hausse des violences sexistes et sexuelles : le contexte rend le travail de l’association d’autant plus nécessaire, selon sa présidente. « Nous sommes à la fois un rempart contre les idées d’extrême droite et masculinistes, et un lieu refuge pour beaucoup de personnes. »
Clélia Girardi


















