Le cobra de Castelginest reste introuvable malgré un vaste dispositif de recherche. Entre hypothèse de prédation, disparition naturelle ou simple illusion, le mystère autour du serpent continue d’intriguer.
Il y a plus de deux semaines, une image bousculait Castelginest et braquait les caméras de tout l’Hexagone sur cette commune du nord de Toulouse : la photo d’un cobra à lunettes. Il a été aperçu pour la première fois le 12 mai, près d’un champ du quartier Grande-Rivière. Mais après des recherches intenses, sa trace n’a jamais été retrouvée.

Le mystère plane donc sur ce qui a pu arriver au reptile. Première question qui s’impose : a-t-il pu migrer, et si oui, à quelle distance ? « Il est probablement issu d’un terrarium et s’est habitué à un espace restreint, ce qui réduit son rayon d’action », assurait dans nos colonnes il y a quelques jours Philippe Gillet, spécialiste en herpétologie. « Il va se balader un peu, trouver des rongeurs, manger un rat et se mettre dans un coin pour digérer pendant une semaine », ajoutait-il.
A priori, ses mouvements resteraient donc très limités, à moins qu’il ne soit dérangé. Et une perturbation de l’animal est probable, expliquant qu’il ne réapparaisse pas. « Plein d’autres scénarios sont envisageables. Le serpent a peut-être été mordu par un renard ou par une buse. Je ne dis pas qu’il est mort, mais face à un renard, ce n’est pas le serpent qui fait le poids. C’est important de rappeler qu’il a aussi des prédateurs », précise Dorian Blayac, président de l’association SOS Reptiles. Une hypothèse d’ailleurs envisagée par la préfecture, qui indique qu’il a « pu succomber naturellement ou être la proie d’un prédateur ».

Un important dispositif avait pourtant été mis en place, sous l’égide de la préfecture, mobilisant pompiers, gendarmes et experts de SOS Reptiles. Une vingtaine de pièges en tôle pour le capturer ont été installés et des drones ont survolé la zone. Dans le lotissement, point de départ de l’alerte, la traque s’est concentrée sur les zones où il aurait pu trouver chaleur et abri : cabane de jardin ou poulailler. Avec l’accord des riverains, des terrains privés ont été fouillés. Les abords de certains champs ont été nettoyés. Et au bout de quelques jours, des opérations nocturnes ont même été instaurées. Sans succès.
Un serpent qui pourrait rester introuvable
Pour la préfecture, ces dispositifs mis en place étaient adaptés : pièges et abris thermiques, reconnaissances pédestres, utilisation de drones équipés de caméras thermiques… « Ces équipements sont reconnus comme étant appropriés à ce type de recherche. Leur efficacité peut toutefois être réduite dans un environnement fortement fréquenté », précise l’institution, qui s’est tue sur une éventuelle capture d’autres serpents dans ces pièges.
L’échec des recherches ne viendrait donc pas des moyens engagés, mais bien de la difficulté de la situation elle-même. « La recherche d’un serpent en milieu ouvert est comparable à celle d’une aiguille dans une botte de foin. » À cela s’ajoute désormais l’hypothèse de sa non-existence : « À ce stade, aucune certitude absolue ne permet de confirmer la présence réelle d’un cobra », indique la préfecture. Ce mystérieux cobra pourrait donc bien ne jamais être retrouvé…
Une fausse alerte à l’IA ?
Ce jeudi, les services du SDIS 31 ont reçu une photo suggérant la présence d’un cobra à Saint-Alban. Une intervention, mobilisant 12 pompiers ainsi que des policiers municipaux et des gendarmes, a alors été lancée. Mais après l’analyse de la photo, il semble qu’elle ait été générée par l’intelligence artificielle. Les services concernés réfléchissent à déposer plainte et rappellent que cette affaire doit être prise au sérieux.











