EXCLUSIF. Un drame a été évité de justesse la nuit dernière, dans une résidence de Blagnac, près de Toulouse. Frustré que personne ne lui ouvre la porte, à 4 h 30 du matin, un intrus a dégainé une arme et tiré cinq fois sur le bâtiment. Une balle a fini sa course dans la chambre d’un enfant.
« Comme la plupart des résidents, j’ai entendu des claquements secs. J’ai tout de suite compris. Je suis sorti sur le balcon, mais il n’y avait plus rien. » De ce réveil en sursaut, ce résident de la cité Jardins, à Blagnac (Haute-Garonne), près de Toulouse, conserve à l’esprit le tonnerre de cinq détonations qui déchirent la nuit.
Il dégaine une arme et tire sur ses fenêtres
Vers 4 h 30, un jeune homme se présente au pied des trois immeubles hauts de quatre étages. « Il a appuyé sur plusieurs touches de l’interphone. Personne n’a ouvert. » Le visiteur nocturne veut soi-disant remettre de l’argent à la famille d’un homme incarcéré. « Une possible affaire d’homicide », commente une dame.
L’homme tente alors en vain de forcer la porte. « En entendant le raffut, un voisin au troisième a ouvert sa fenêtre. » Face à son refus de débloquer laporte d’entrée et frustré de ne pas être obéi, l’intrus a alors dégainé une arme de poing et tiré en direction de ses fenêtres.
« C’est très grave ce qu’il s’est passé là »
Selon nos informations, cinq douilles de 9 mm ont été collectées par les services de police dans la matinée. Si personne n’a été blessé, un drame a sans doute été évité de justesse : l’un des projectiles a traversé un appartement avant de se loger dans le mur d’une chambre où dormait un enfant.
« C’est très grave ce qu’il s’est passé là », soupire l’un des habitants, réunis en collectif pour interpeller le bailleur social et la mairie de Blagnac sur la détérioration de l’ambiance sur place.
« Une atmosphère peu sécurisante »
« Moi, j’y habite depuis plus de quarante ans », relève un résident en lorgnant ces bâtiments érigés dans les années soixante. « C’est un endroit calme dans la journée, très bien placé. On fait parfois face à des incivilités avec des gens qui se garent n’importe où, sur les places de parking des autres, mais des coups de feu, c’est une première. »
Un autre évoque « une atmosphère peu sécurisante. Il y a des allées et venues la nuit, sans doute du trafic, mais là, on a franchi un cap », grimace-t-il. L’un des membres du « collectif des Fontaines » voudrait peser auprès des autorités. « La résidence subit un déclin depuis des années. On voudrait ne plus être mis de côté, participer, savoir quoi faire, pour essayer de mieux vivre ensemble. »
« C’était un prétexte »
Pour la plupart des habitants questionnés, la visite nocturne d’un bienfaiteur plein aux as tient de la fable. « C’était un prétexte. » Qu’aurait-il fait s’il avait pu pénétrer dans les lieux ? Quelle était la véritable motivation de sa venue ? Les services de police planchent sur la résolution de l’énigme.
















