Hébergée solidairement par une amie de la mère, une famille risque de se retrouver à la rue au 5 juin. La faute à l’impuissance des services sociaux.
« Je vous écris aujourd’hui parce que je suis arrivée à un point où je n’ai plus d’autre solution que de demander qu’on entende enfin notre histoire… » Dire qu’Aurélie Ranvier est à bout relève presque de l’euphémisme, tant cette mère de famille dit et paraît avoir fait le nécessaire afin d’être relogée depuis son retour de La Réunion, voilà presque deux mois et demi. Elle et ses enfants étaient partis là-bas durant les vacances d’hiver pour voir la famille originaire de l’île. Ils venaient de quitter leur location à Carbonne, le logement étant devenu insalubre au bout d’une décennie d’occupation. « Nous n’avions aucune proposition de relogement, obligés de quitter les lieux », indique Aurélie. La maman et ses six enfants encore à charge trouvent alors refuge chez une amie, à Toulouse, quartier Borderouge. Le marché est simple entre les deux amies : Aurélie devra quitter l’appartement le 5 juin au plus tard, l’amie en question voyant le retour de plusieurs personnes chez elle. Etant entendu que depuis la mi-mars, pas moins de 9 personnes « s’entassaient’ dans le T3 à Toulouse-Borderouge, sans tension et dans le respect réciproque de chacun, c’est à noter.
« Ce n’est pas une question d’argent »
En contact permanent avec les services sociaux et l’Office public de l’habitat (OPAH 31), Aurélie a décidé de ne pas baisser les bras, même si elle s’inquiète à mesure que se rapproche la date du 5 juin. « Depuis des semaines, je me bats sans relâche. J’enchaîne les démarches, les appels, les demandes d’aide, les recherches de logement… Je fais tout ce qu’une mère peut faire pour protéger ses enfants. Pourtant, malgré mes efforts, aucune solution ne nous a été proposée », déplore Aurélie. Les enfants sont âgés de 2 à 17 ans, les plus grands étant scolarisés en collège ou lycée proches. « Mes enfants ont besoin d’un toit, d’un endroit sûr, d’un peu de stabilité. Ils devraient penser à grandir, à jouer, à vivre leur enfance… pas à l’incertitude d’un lendemain sans logement ». La mère de famille qui précise que « ce n’est pas la question financière qui coince (Ndlr : elle touche les allocations familiales), mais bien les services sociaux qui ne prennent pas en compte la gravité de la situation ».











