Quand le thermomètre s’emballe, les crèmes glacées et les sorbets deviennent bien plus qu’une gourmandise : un véritable refuge contre la chaleur. Rodolphe Lafarge, le spécialiste « food » de La Dépêche du Midi, a testé cinq glaceries artisanales au centre-ville de Toulouse. De la lavande au citron vert à la pistache, en passant par la grenade ou la fraise des bois, voici son verdict, ses coups de cœur et ses déceptions. Alors, vous êtes plutôt petit pot ou cornet ?
Il faut chaud, on dégouline, et on n’a qu’une envie, lamper une bonne glace bien givrée dans les rues de Toulouse, une forme de résistance de l’estomac à l’ambiance caniculaire. Notre spécialiste « food », Rodolphe Lafarge, est donc parti en quête des petits pots les plus savoureux du centre-ville, dans les glaceries artisanales. Il a testé cinq adresses, voici ce qu’il en a pensé.
Le pari gagnant de la Provence
On commence par la Golosa de Casa d’Italia, place des Carmes. Voisine de l’épicerie fine, le glacier italien propose 12 sorbets et 12 glaces, à base de fruits frais. Les recettes sont préparées dans l’arrière salle, dans des turbines professionnelles par le patron Alen Seremet, qui s’est formé en Italie. Frutti di bosco, bacio, lamponi, basilic concombre… l’éventail des parfums est large, et demande parfois de maîtriser l’italien.
« Mon naturel me pousserait vers un kiwi, on en voit rarement, confie Rodolphe. Mais… c’est quoi la Provence ? » « C’est la glace du moment : lavande, mûre et citron vert », lui répond le vendeur. La Provence l’emporte. « Elle a tout ce qu’on demande à une glace, avec la chaleur actuelle. Il n’y a pas trop d’air, elle est sucrée, bien équilibrée. On sent bien l’acidité du citron, tandis que le reste apporte de la douceur. »
La grenade crée la surprise
Direction la Glacerie toulousaine, une adresse bien connue des touristes qui fréquentent la Daurade. 29 glaces, 27 sorbets, 100% bio et sans arômes artificiels, se disputent l’affiche, dont de vraies originalités, comme la tomate basilic, le pruneau Armagnac ou la vanille végétale. « J’hésite entre pêche de vigne et hibiscus. Litchi, ça peut être pas mal aussi en sorbet », lâche notre spécialiste. Après avoir goûté plusieurs parfums à la petite cuillère, il succombe finalement à la grenade – « C’est super original ». Verdict ? « C’est ultra frais, c’est très bon, pas trop sucré, le sorbet est plein de volupté. »
La fraise des bois dans toute sa splendeur

Le Palais de Thémis, rue des Lois, est un incontournable, et pour cause, il distribue le célèbre glacier parisien Berthillon, dont la réputation lancée depuis l’Ile de la Cité n’est plus à faire. L’accueil y est toujours chaleureux et la petite terrasse permet de déguster à l’ombre. La fraise des bois est la saveur du moment. « La mandarine est super bonne aussi… », se rappelle Rodolphe. Le patron s’invite dans la discussion : « Ananas rôti basilic, c’est un truc de fou. Chocolat noir aussi ! » Les températures étaient trop élevées pour le chocolat, la fraise des bois sort victorieuse des débats. Le planter de cuillère est fatal : « Il y a des petits morceaux de fraises des bois congelées, qui apportent du croquant. On a le fruit dans toute sa splendeur, le côté sauvage de la fraise, c’est rare… »
Le thé vert à la menthe ne tient pas ses promesses

Chez Ô Sorbet d’amour, rue Montardy, s’il y a bien une constante, c’est la file d’attente. Victime de son succès, le glacier voisin de l’American Cosmograph se mérite. On nous vante les mérites de sa pastèque. On s’interroge sur le goût « platine » : chocolat caramel et inclusion d’amandes caramélisées. Rodolphe se tâte… Un petit cocktail des îles ? Mais c’est le thé vert à la menthe qui finit par conquérir sa curiosité. Or, là, déception : « C’est marrant, assez bizarre de le manger froid parce qu’au Maroc, on a l’habitude de le boire chaud. Mais la consistance fait un peu chewing gum, la glace est trop émulsionnée. » Un mauvais choix dans une adresse réputée, dommage !
Une pistache qui joue dans la cour des grands
On finit notre périple chez Terre-Terre, l’épicerie du quartier Saint-Aubin ouverte il y a deux ans. Il faut le savoir : au milieu des fruits et légumes en vrac, un grand congélateur abrite les pots de la marque Givrés des prés, très peu présente à Toulouse. Fabriqués dans le Béarn, à Casteide-Candau, par des éleveurs, ces glaces et sorbets se déclinent en 14 parfums et sont concoctés à base de lait bio et d’ingrédients locaux au maximum. Vanille pécan, rhum raisin, noisette, café. Bim ! Ce sera la pistache. Verdict : « Elle a une bonne couleur, difficile à qualifier. C’est bon signe pour la pistache : si elle est trop verte, il faut se méfier. C’est un parfum révélateur, ça peut être délicieux comme immonde. Et là, on est dans le très haut du panier ! »












