Moins de cinq jours après le meurtre violent de ce père de famille de 33 ans, survenu dans le quartier de Borderouge à Toulouse, la police judiciaire a interpellé trois suspects ce mercredi matin. Alors que les trois hommes sont actuellement présentés pour meurtre en bande organisée, le déroulement exact de la nuit du drame se précise. Tout pourrait être lié à un différend entre deux protagonistes, quelques semaines plus tôt.
Moins d’une semaine après le meurtre de Christopher B., trois suspects sont mis en examen pour meurtre. Ces trois hommes, interpellés dans le cadre des investigations, sont soupçonnés d’avoir frappé la victime, avant que l’un d’entre eux ne porte le coup fatal.
Une altercation quelques semaines avant ?
D’après nos informations, l’agression mortelle serait due à un précédent, probablement en discothèque. Quelques jours avant les faits, Christopher B., 33 ans, aurait eu un différend avec un individu au cours d’une soirée. À la suite de cette première altercation sur fond d’alcool, les deux hommes se seraient envoyé des provocations et des menaces par messageries interposées. La tension est peu à peu montée, jusqu’à atteindre son paroxysme.
Il venait d’avoir l’autorisation de revenir à Borderouge
Malgré sa mise en examen pour trafic d’armes et de nombreuses condamnations, Christopher B. bénéficiait d’un contrôle judiciaire l’autorisant à se rendre à nouveau dans le secteur de Borderouge, à Toulouse, où ses fréquentations ont leurs habitudes. C’est là que, le soir du drame, peu après minuit, escorté par un de ses amis âgé de 22 ans, il est passé à proximité du boulodrome de la rue de l’Allier. Il a très vite remarqué la présence du groupe avec lequel il échangeait insultes et menaces depuis leur différend en boîte de nuit.
Christopher B. est allé à la rencontre des suspects
Selon les premières investigations, la victime est allée directement au « contact » des suspects. Puis, deux versions s’opposent. Un ami de Christopher B., présent sur les lieux, affirme qu’il n’avait pas l’intention d’en venir aux mains mais souhaitait discuter avec le groupe adverse dans l’espoir d’apaiser les tensions.Les suspects assurent le contraire. Selon la version du trio, Christopher B. aurait surgi armé d’un pistolet. Au cours de l’altercation, où les Guyanais auraient essayé de le désarmer, un premier coup de feu est parti. Les blessures constatées sur l’un des suspects étayent cette version des faits. Un de ses doigts et un orteil ont été touchés par la balle. « La blessure serait liée à une ogive qui aurait été tirée vers le sol avant de ricocher », assure une source proche du dossier. Christopher B., père de deux enfants, dont un âgé de 3 ans, a ensuite échangé des coups avant d’être poignardé à deux reprises. Il a beaucoup saigné, comme en attestent les traces toujours visibles le lendemain.
Deux frères parmi les suspects
Très vite après la rixe, les suspects ont quitté les lieux, laissant leur place aux secouristes. Malgré les tentatives de réanimation et le massage cardiaque prodigué par le Smur 31, la victime n’a pas pu être sauvée. Christopher B. est mort sur place, vers 4 heures. En visionnant les images de vidéoprotection, la police a d’abord interpellé un premier individu. Après vérifications, les images ont révélé qu’il s’agissait de l’ami de Christopher B., qui avait tenté de lui porter secours. Interrogé tout le week-end, celui-ci a finalement été laissé libre. Entre-temps, les forces de l’ordre ont collecté assez d’indices pour remonter la piste jusqu’au trio. Deux frères âgés de 21 et 26 ans, défendus par Me Ravyn Issa, ont été arrêtés ce mercredi par la BRI et le Raid. Leur complice, âgé de 24 ans, a lui aussi été placé en garde à vue. Tous les trois ont été auditionnés pour meurtre en bande organisée. À ce stade de l’enquête, aucun mis en cause ne semble prêt à coopérer. Les causes de l’altercation initiale restent donc mystérieuses. Aucune arme à feu n’a, par ailleurs, été retrouvée. Des mises en examen sont intervenues ce vendredi. Le parquet a requis une incarcération provisoire. Un soulagement pour les parties civiles, représentées par Me Jocelyn Momasso-Momasso.













