Il aura fallu six ans aux élèves du lycée polyvalent Joseph-Gallieni à Toulouse pour restaurer la Peugeot 205 GTI des années 1980 appartenant à un artisan boulanger toulousain, grand amateur et collectionneur de voitures anciennes. Pour les nombreux élèves, du CAP au bac professionnel, tous corps de métiers confondus, qui se sont succédé chaque année pour faire retrouver son lustre d’antan à cette voiture dont les premiers modèles ont été lancés dès 1983, Philippe Lauby, âgé de 62 ans, est venu récupérer les clés de sa voiture au lycée jeudi 18 juin.
Sur un parking, dans l’enceinte du lycée polyvalent Joseph-Gallieni à Toulouse (route d’Espagne), derrière l’imposant bâtiment principal, une Peugeot 205 GTI flambant neuve. Autour, des enseignants, d’anciens élèves, la proviseure de l’établissement qui accueille 1 250 élèves cette année, et Philippe Lauby. Âgé de 62 ans, boulanger à Toulouse après une reconversion et représentant départemental du « Club 205 », il est venu, jeudi 18 juin, récupérer sa voiture acquise en 2009 et restaurée par des cohortes d’élèves, tous corps de métier confondus.
« Elle avait 289 000 km au compteur »
« Le deal, c’était on sait quand on l’amène, mais on ne sait pas quand on la reprend. J’ai pas mal de voitures, explique ce passionné devant sa 205 blanche et sans artifice. Principalement des 205 et des sportives. Elle avait 289 000 km au compteur, il était temps de s’en occuper sérieusement. » Mais il n’était pas pressé. Pour cette restauration qui a duré six ans au total, Philippe Lauby a choisi le lycée Gallieni pour plusieurs raisons : « C’est une longue histoire. D’abord, ils savent faire tous les métiers, carrosserie, peinture, sellerie, mécanique. J’ai un très bon contact avec un ancien professeur du lycée. Dans ma vie professionnelle, avant une reconversion, j’étais formateur technique sur automobile Peugeot et je formais régulièrement les professeurs sur les nouvelles technologies. Forcément, ça crée des liens. »
« La 205, c’est un modèle qui parle aux gens »
Et pour les élèves, du CAP au lycée, une expérience unique de travailler sur un projet qui sort des murs et touche au monde professionnel. « Une 205 GTI, c’est un modèle emblématique qui parle aux gens. Ce qu’on essaie de faire sur plusieurs projets dont celui-là, c’est de travailler sur une continuité d’ateliers et sur plusieurs niveaux, explique la proviseure du lycée Joseph-Gallieni Ariane Rozenblum. Il y a des CAP, des post-bac, des élèves de bac professionnel. Plusieurs enseignants ont pris en charge le projet, en se réunissant en fonction des besoins avec les élèves. C’est un projet qui, à la fois, valorise le lycée Gallieni par l’image, mais aussi motive et participe au sentiment d’appartenance. »
« Cela peut se vendre entre 20 et 25 000 euros »
La 205 GTI de M. Lauby ? « C’est la 1,6 litre, 115 chevaux. C’est le modèle qui a été le plus diffusé, à partir de l’année 1986 pour les 1,6 litre. C’est pas mal et c’est surtout très léger comme voiture, par rapport aux voitures actuelles, ça n’a rien à voir. Elle pèse 920 kilos. Elle tient bien la route. C’est une voiture très joueuse, vive, réactive, avec du couple, de la puissance. Je suis évidemment satisfait du travail réalisé. Il faut maintenant que je roule un peu pour faire des ajustements. Ensuite, nous ferons une expertise. Une fois le rapport d’expert rendu, on établira une valeur pour l’assurance. »
Les modèles de 205 Peugeot semblent s’arracher à prix d’or chez les amateurs nostalgiques. « Ça se vend entre 20 et 25 000 euros aujourd’hui, ajoute Philippe. Certains modèles, comme la 205 Griffe 1,9 litre, peuvent se vendre jusqu’à 35 000 euros sur le marché. Elle a été faite à 1 600 exemplaires, donc les enchères montent. »











