Quatre Béarnais, âgés de 17 à 21 ans, ont été arrêtés mardi dans l’agglomération de Pau, et deux d’entre eux sont en détention provisoire. Ils sont mis en examen pour avoir confectionné à Soumoulou des pistolets 9mm, avant de les vendre. Certains ont été retrouvés dans des affaires de stupéfiants.
L’avocat du fabricant présumé des armes, Me Thierry Sagardoytho, décrit son client comme un « apprenti sorcier, à peine sorti de l’adolescence ». « Il est à mille lieux des activités criminelles » qui se sont servies de ses créations. Quatre jeunes, âgés de 17 à 21 ans, ont été arrêtés mardi 9 juin, dans l’agglomération paloise, indique La République des Pyrénées . Deux d’entre eux sont en détention provisoire, précise à ICI Béarn Bigorre le parquet de Toulouse, qui dirige l’enquête. Mis en examen pour infractions à la législation sur les armes, ils sont suspectés d’avoir fabriqué plusieurs dizaines d’armes à feu avec une imprimante 3D, avant de les avoir vendues à Toulouse et Pau, entre janvier et mai 2026.
Une arme retrouvée par hasard, à Toulouse
Les enquêteurs de la police judiciaire de Toulouse, avec le concours de la PJ de Pau, sont remontés jusqu’à eux à partir du contrôle aléatoire d’un véhicule. Au début du mois d’avril, devant la gare Matabiau, à Toulouse, des policiers découvrent dans une voiture une arme à feu de type Glock, 9 mm. En la prenant dans leurs mains, ils s’étonnent du poids léger de l’objet, comparativement à une arme classique. Celui-ci a été conçu par une imprimante 3D, avec des matériaux polymères, très légers.
Dans les semaines qui suivent, des armes à feu similaires sont saisies dans le cadre d’affaires de trafics de stupéfiants et de vols de véhicules, à Pau et Toulouse, indique à ICI Béarn Bigorre une source proche de l’enquête. Sur plusieurs d’entre elles, des empreintes ADN des suspects sont identifiées par la police scientifique. Plusieurs d’entre eux étaient défavorablement connus des services de police. Les armes ont été vendues par internet, déposées dans des casiers, des lockers, comme de nombreux colis.
Le fabricant était à Soumoulou
Ce mardi 9 juin, dans la matinée, les quatre suspects sont arrêtés, en même temps que leur atelier de fabrication, dans un garage de Soumoulou, commune située entre Pau et Tarbes, perquisitionné. Le parquet de Toulouse précise que deux des quatre hommes mis en examen, majeurs, sont placés en détention provisoire à l’issue de leur garde à vue : le fabricant présumé des armes et l’un des vendeurs. Le deuxième vendeur, mineur, âgé de 17 ans, et le loueur du garage de Soumoulou qui a servi d’atelier sont sous contrôle judiciaire.
Les armes fabriquées par l’imprimante 3D sont opérationnelles, peuvent être létales. Après leur conception par la machine, il est possible d’acheter « des éléments supplémentaires, des pièces détachées sur Internet, légalement, permettant de transformer l’objet en arme », précise Me Thierry Sagardoytho. L’avocat du fabricant présumé décrit son client comme un jeune homme qui a voulu « relever une sorte de défi. Il s’est sans doute pris au jeu avec ses deux autres camarades, vendeurs, et le troisième, le loueur. Je ne pense pas qu’il ait intégré l’usage crapuleux qui peut être fait de ces armes. Il n’avait pas les liens, les connexions avec le réseau toulousain [et palois]« qui a utilisé ces objets, « et ne pensait pas que cela pourrait se terminer ainsi. »
Le parquet de Toulouse, qui dirige l’enquête, précise que les investigations se poursuivent pour déterminer le bénéfice retiré de la vente de ces dizaines d’armes.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












