La gare de Toulouse-Matabiau est totalement paralysée ce samedi 20 juin après l’interruption complète du trafic ferroviaire provoquée par la dilatation d’une caténaire liée à la canicule. La tension est à son paroxysme chez les voyageurs sous une chaleur accablante. Si le courant a été rétabli par la SNCF à 18 heures, la direction prévoit de lourds retards allant jusqu’à deux heures sur l’ensemble des axes jusqu’en fin de soirée.
Un incident d’alimentation électrique lié à la chaleur paralyse la gare de Toulouse-Matabiau, selon la SNCF. Une panne d’alimentation électrique paralyse totalement la gare de Toulouse-Matabiau ce samedi 20 juin. Les circulations de trains ont été totalement interrompues au départ comme à l’arrivée l’après-midi. Selon la SNCF, « les fortes chaleurs ont provoqué la dilatation et la détente d’une caténaire ». Ce câble essentiel ne transmettait plus le courant nécessaire à l’alimentation des trains. « Les équipes techniques ont coupé l’électricité pour mener une intervention d’urgence. Durant la panne, des agents ont procédé à l’évacuation d’un train bloqué sur les voies », nous explique l’opérateur de transport.
La gare Matabiau en ébullition
Le courant a été rétabli vers 18 heures. Cette réparation permet une reprise très progressive des liaisons ferroviaires sur l’ensemble des axes entrant et sortant de la gare Matabiau. À 19 heures, la gare est bondée et la tension monte. Assis par terre, les usagers scrutent nerveusement les tableaux d’affichage. Les retards se comptent par dizaines : deux heures pour le Toulouse-Agen, autant pour le Toulouse-Rodez.

Thibault, la quarantaine, se rendait à Villefranche-de-Rouergue. Son train était prévu à 12 h 58. « Quelques minutes avant le départ, on nous a annoncé une heure de retard. Puis ça n’a cessé de grimper. » Pour lui, c’est la double peine. Plus tôt dans la journée, son trajet avait déjà été perturbé par l’accident mortel survenu près de Montrabé. « J’ai la chance que ma fille ait un appartement à Toulouse, donc je ne suis pas à la rue. Ce que je déplore surtout, c’est le manque d’informations. On reste bloqués ici au cas où le train repartirait. »
Même inquiétude pour Amaury, attendu à Tours. Son train accuse près de 2 h 40 de retard. « J’ai une correspondance pour un train de nuit et je ne sais pas du tout si je vais pouvoir l’avoir. »
Un peu plus loin, Arnaud, une vingtaine d’années, patiente avec trois amis. Direction Cahors. Leur départ était prévu à 16 h 53. « On nous annonce maintenant près de trois heures de retard. Franchement, ça rend fou. Peut-être que je me suis mal renseigné, mais on a eu très peu d’informations. Avec la canicule, ça commence à taper sur le crâne. »
Tous ne vivent pourtant pas la situation avec la même nervosité. Simon, look de métalleux, attend son train pour Albi. Lui aussi accuse près de trois heures de retard. « Je devais travailler ce soir, donc ça ne m’arrange pas. Mais au final, ça m’a permis de discuter pendant deux heures avec un gars rencontré sur le quai. On a fini au McDo ensemble. Comme quoi, même dans la galère, on peut faire des rencontres. »
1 000 voyageurs impactés à Matabiau, mais sans compter les voyageurs à destination de Toulouse
Les pompiers précisent que, suite à l’arrachement de deux caténaires, une importante panne a entraîné la suspension de la circulation des trains. Deux trains ont été évacués et environ 1 000 voyageurs ont été impactés. Dans la cohue, une jeune femme de 25 ans aurait nécessité un bilan médical, mais elle n’a pas été médicalisée. Bloqué à Perpignan alors qu’il devait rentrer à Toulouse ce samedi, un photographe ne décolère pas : « Je vais être obligé de prendre un Blablabus. »
Accident mortel sur la ligne Toulouse-Rodez
Un homme a perdu la vie ce samedi 21 juin vers 12 h 45 après avoir été percuté par un train circulant entre Rodez et Toulouse à hauteur de Montrabé. Selon plusieurs témoins, la victime aurait surgi au dernier moment sur les voies. L’hypothèse d’un geste désespéré est privilégiée. Le conducteur, très choqué, a immobilisé son train plusieurs centaines de mètres après l’impact. La circulation ferroviaire a été totalement interrompue durant plus de trois heures avant une reprise progressive vers 16 heures. Au total, 130 passagers du train concerné ont été pris en charge par la SNCF grâce à des bus de substitution. Par ailleurs, 148 voyageurs sont restés bloqués dans d’autres trains immobilisés sur la ligne. Une enquête a été ouverte par le parquet de Toulouse et confiée à la gendarmerie.











