Un refus d’obtempérer à Toulouse débouche sur une condamnation pour… proxénétisme. Le conducteur de 28 ans écope de dix-huit mois de prison ferme après avoir transporté trois jeunes femmes se livrant à la prostitution.
Dans la nuit du 5 au 6 juin dernier à 3 h 20, dans le quartier de Lardenne, à Toulouse, les policiers aperçoivent une jeune femme « court-vêtue », telle que décrite dans leur procès-verbal, sortir d’une Renault Clio. Ils somment le conducteur de s’arrêter.
Un « guet-apens, avec des gyrophares » ?
« Ce dernier referme la portière et démarre à vive allure. À tel point que des étincelles jaillissent du bas de caisse. Sa course se finira dans une impasse où se situe l’école de police », relate le président du tribunal correctionnel, Fabrice Rives, lundi 8 juin. Dans le box, Yacine, le conducteur de la Clio.
Le prévenu de 28 ans reconnaît le refus d’obtempérer mais l’explique par le fait que les forces de l’ordre étaient en civil : « Je n’ai pas reconnu la police, j’ai cru que c’était un guet-apens », assure-t-il. « Particulier comme guet-apens avec des gyrophares », ironise le magistrat. Une fois Yacine arrêté, les policiers ont la stupeur de retrouver deux autres jeunes filles à son bord.
« Jamais gagné d’argent avec ça »
Celles-ci assument pratiquer le sexe tarifé. Elles indiquent, en outre, que Yacine les conduit sur leurs lieux de prostitution depuis quelque temps. « Car vous êtes le compagnon de l’une des trois jeunes filles », précise le président Rives. « C’est vrai, mais je n’en étais pas à l’initiative et je le faisais sans poser de question. J’ai d’ailleurs jamais gagné d’argent avec ça », promet le prévenu.
Pour la procureure, toutefois, Yacine « profite de la vulnérabilité d’autrui ». Comme il n’en est pas à son coup d’essai, elle requiert 18 mois de prison ferme et la révocation d’un sursis de 6 mois. En défense, Me Joris Morer insiste sur l’absence d’éléments à charge trouvés lors de la perquisition de son domicile et dans son téléphone.
18 mois de prison ferme
Il dépeint, enfin, un homme « dénué de mauvaises idées et de mauvaises intentions », notamment du fait que les trois jeunes filles se prostituaient bien avant de le connaître. Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel condamne Yacine pour refus d’obtempérer et proxénétisme à la peine requise.












