À Montpellier, la crise du logement pèse sur l’économie locale et le recrutement des entreprises. Réunis le 11 juin 2026 lors d’une table ronde du Pôle Habitat FFB Occitanie, élus et acteurs économiques alertent sur une tension immobilière qui freine l’attractivité du territoire.
Difficile de développer l’emploi lorsque les salariés peinent à se loger. À Montpellier et dans l’Hérault, la crise du logement dépasse désormais le seul cadre de l’habitat et s’invite au cœur des préoccupations économiques. Chefs d’entreprise, élus et acteurs de la construction ont dressé ce constat à l’occasion d’une rencontre organisée par le Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) Occitanie, le 11 juin dernier.
Le département continue pourtant d’attirer. Chaque année, près de 15 000 nouveaux habitants s’y installent et les créations d’entreprises restent soutenues. Une dynamique qui alimente les besoins en logements, alors que l’offre peine à suivre. Dans la métropole de Montpellier, près de 35 000 demandes de logements sociaux sont actuellement en attente.
Cette tension commence à produire des effets concrets sur le marché de l’emploi. Plusieurs représentants du monde économique ont indiqué que certains recrutements échouent faute de solutions de logement pour les candidats. Les difficultés concernent désormais des secteurs très variés, y compris le bâtiment, où des salariés se retrouvent parfois sans hébergement à proximité de leur chantier.
Les besoins en logement s’accentuent avec le développement de la métropole
La question est d’autant plus sensible que Montpellier poursuit ses ambitions de développement économique, avec un objectif de 30 000 emplois supplémentaires sur le mandat. Pour accompagner cette croissance, encore faut-il pouvoir accueillir les nouveaux actifs dans des conditions adaptées.
Des initiatives locales ont été mises en avant pour tenter de répondre à cette pression immobilière. Parmi elles figurent l’Académie du Bâtiment et de la Cité de Demain (ABCD), la foncière Inmédio ou encore les programmes de logements réalisés autour du campus Anima. Environ 900 logements étudiants y ont été construits et pourront également accueillir des travailleurs saisonniers grâce à un partenariat avec l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie.
Les échanges ont aussi porté sur les conditions de relance de la construction. La hausse récente de la taxe foncière dans la métropole et les perspectives de limitation des programmes neufs dans certaines communes interrogent les professionnels, alors même que les besoins continuent de progresser.
Pour le Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment, « on ne peut plus opposer logement et développement économique. Sans logements accessibles, les entreprises ne peuvent ni recruter ni se développer ». L’organisation appelle également à « la relance de la production de logements, la simplification des normes, le soutien à l’investissement et une meilleure articulation entre politiques de l’habitat et développement économique » afin d’accompagner la croissance du territoire.











