En pleine vigilance rouge, le Cercle des voisins du Centre de rétention administrative de Cornebarrieu interpelle le préfet de Haute-Garonne. Dans une lettre ouverte, l’association estime que les conditions de détention sont incompatibles avec l’épisode caniculaire et réclame la suspension provisoire des placements et du fonctionnement du centre.
Alors que la Haute-Garonne est placée en vigilance rouge canicule, le débat s’invite au Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse. Le Cercle des voisins du Centre de rétention de Cornebarrieu a rendu publique, jeudi 25 juin, une lettre ouverte adressée au préfet d’Occitanie et de Haute-Garonne pour dénoncer les conditions de rétention durant cet épisode de chaleur extrême.
L’association fait état de températures comprises entre 28 et 30 °C dans les locaux occupés par les intervenants associatifs et affirme qu’elles seraient encore plus élevées dans les espaces où sont retenues les personnes étrangères. Selon elle, ces locaux ne disposent pas de climatisation.
« Incompatible avec la protection de la santé »
Dans leur courrier, les responsables de l’association estiment que « le maintien de personnes enfermées dans de telles conditions » est incompatible avec « les impératifs de protection de la santé et de la dignité humaine ». Ils soulignent que, contrairement au reste de la population invitée à limiter son exposition à la chaleur, les personnes retenues ne peuvent quitter les lieux pour se protéger.
Le Cercle des voisins rappelle également que le taux d’éloignement des personnes placées en rétention s’est élevé à 23,8 % en 2025. Une donnée qui, selon l’association, interroge sur la pertinence du maintien en rétention dans un contexte sanitaire exceptionnel.
Une demande de suspension temporaire
Les signataires demandent au préfet de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour garantir la sécurité des personnes retenues comme des personnels intervenant dans le centre. Ils vont plus loin en réclamant « la suspension temporaire des placements et du fonctionnement du CRA » pendant la durée de la vigilance rouge canicule.
L’association conclut en estimant que « le maintien en rétention dans les conditions actuelles » pose une question de santé publique et de respect de la dignité des personnes enfermées. La lettre a également été transmise à la Défenseure des droits et au Contrôleur général des lieux de privation de liberté.







