Le plan social annoncé en avril chez Milan Presse suscite une vive inquiétude à Toulouse. Les salariés dénoncent la suppression de 27 postes, soit près de 10 % des effectifs, et craignent une nouvelle dégradation des conditions de travail dans l’entreprise de presse jeunesse.
L’inquiétude monte au sein de Milan Presse. L’entreprise toulousaine, spécialisée dans la presse jeunesse et filiale du groupe Bayard, est engagée depuis avril 2026 dans un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression de 27 postes et la modification de 4 contrats.
« Un coup de massue »
Pour les salariés, l’annonce est vécue comme un choc. « Cela représente environ 10 % des effectifs. Ce n’est pas anodin », souligne Aude Le Breton, déléguée syndicale CGT de l’entreprise, où elle travaille depuis plus de vingt ans.
Selon les documents présentés aux représentants du personnel, les suppressions de postes toucheraient plusieurs services, avec 20 postes de commerciaux retirés, mais aussi à la rédaction, au marketing, à la communication et au pôle numérique.
Pour les représentants des salariés, ce PSE intervient après plusieurs années de réduction progressive des effectifs. « Lorsqu’une personne part à la retraite ou quitte l’entreprise, elle n’est pas forcément remplacée. La charge de travail est répartie sur les équipes restantes », déplore Aude Le Breton.
Suppression de Yam-Yam, le magazine Géo Ado
Parmi les mesures annoncées figure notamment **l’arrêt du magazine Yam Yam, lancé en septembre dernier en remplacement de Géo Ado. Cette décision entraînerait la suppression de trois postes de journalistes en CDI et d’un poste de pigiste.
Les syndicats s’inquiètent également de l’évolution des relations entre Milan et sa maison mère, Bayard. Depuis plusieurs années, de nombreux services sont regroupés ou pilotés à l’échelle du groupe, tandis que certains projets lancés par Milan disparaissent ou sont repris sous la marque Bayard. Pour les salariés, cette tendance alimente la crainte d’un effacement progressif de l’identité de l’entreprise toulousaine.
Cette inquiétude a été renforcée par l’abandon récent d’un projet commun aux deux maisons : un nouveau label de littérature consacré à la romance pour adultes. Préparé depuis deux ans et déjà largement engagé, le projet a été stoppé quelques mois avant son lancement. La direction a notamment évoqué un contexte économique défavorable et un « risque pour sa réputation » en s’éloignant de l’univers jeunesse.
Sauver les emplois
Du côté des représentants du personnel, l’objectif reste désormais de limiter les suppressions de postes. « Nous estimons que certains besoins n’ont pas été correctement évalués et que des compétences importantes que l’on a en interne risquent de disparaître », explique la déléguée syndicale.
Le comité social et économique doit rendre son avis sur le projet le 15 juillet. D’ici là, les négociations se poursuivent entre la direction et les organisations syndicales.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555









