Devant le 70 rue Aristide-Maillol à Toulouse, les traces de la tentative d’assassinat survenue la nuit du jeudi 5 mars sont rares. Il faut se rapprocher de la façade de l’immeuble de trois étages pour apercevoir les trous, creusés par les balles de kalachnikov. Elles visaient un trentenaire, qui s’en est miraculeusement sorti sans laisser une seule goutte de sang… avant de s’évaporer dans la nature. Sur place, les langues des témoins se délient. Reportage.
Impacts de balles
Dans la rue Aristide-Maillol, au cœur du quartier du Mirail (à la frontière avec les Pradettes), les habitants croisés par Actu Toulouse ce jeudi matin ont tous entendu des tirs pendant la nuit. Les impacts de balles, répertoriés par les agents de la police scientifique, sont nombreux.


« Tout le monde pensait que c’était les craquements d’une voiture qui brûlait, mais non », confie Lili, qui vit dans l’une des hautes tours voisines du bâtiment n°70. Casquette sur la tête, la sexagénaire se souvient précisément des événements dont elle a été témoin.
« J’ai compris que c’était vraiment des coups de feu »
Le bruit des balles a brisé le silence vers 2 heures du matin, juste devant le petit immeuble. « Quand j’ai compris que c’était vraiment des coups de feu, je suis directement sortie sur mon balcon voir ce qui se passait », commence Lili. « Là, j’ai entendu le bruit d’une voiture qui partait en trombe, vers là-bas », indique-t-elle en pointant le chemin du Mirail.
En voyant cela, juste après les coups de feu, Lili se met alors à chercher la trace d’une victime ou d’un tireur potentiel.
Un jeune homme en noir
En balayant le bloc du regard, la voisine aperçoit plusieurs personnes sur un balcon de la tour n°76, située juste en face. Et en bas, « un jeune qui marche, habillé tout en noir ».
« Il leur criait de rentrer à l’intérieur. Je l’ai vu se diriger vers la tour et rentrer dans l’immeuble. » Quelques minutes plus tard, Lili raconte que l’individu serait ressorti, avant de monter dans une voiture noire qui l’attendait en bas. « Et puis, ils ont démarré à vitesse grand V et sont partis dans la même direction », c’est-à-dire vers le chemin du Mirail.

Une proche de la victime contacte la police
La police, elle, est appelée vers 3 heures du matin par une femme, qui explique que son ami a été visé par des tirs de kalachnikov sur la voie publique. Mais en arrivant sur place, les policiers ne trouvent personne. Ni victime, ni proche, ni tireur.

Au sol, ils découvrent cependant de nombreuses douilles. Dix, au total. « Le calibre correspond parfaitement à celui d’une arme de guerre », confirme une source proche du dossier à Actu Toulouse. La victime, évaporée dans la nature, a pu être identifiée (mais pas encore retrouvée) : l’homme visé par les tirs est « un délinquant notoire, connu à Toulouse pour des affaires de trafic de stupéfiants », indique notre source. Qui lui a tiré dessus ?
Le tireur serait arrivé à pied, avant de monter dans une voiture
Une autre témoin des faits, rencontrée par Actu Toulouse, assure que le tireur est arrivé à pied depuis le bas du bâtiment n°76. « Cette tour, c’est la tour de la mort », souffle cette habitante du quartier, sans toutefois accepter de s’étendre davantage là-dessus.
Elle explique qu’après avoir tiré en direction de la victime, l’auteur serait « monté dans une voiture qui l’attendait en bas du bâtiment », avant que le véhicule ne disparaisse dans la nuit noire.
Tentative d’assassinat
S’agit-il d’un énième règlement de compte, quelques semaines à peine après le meurtre d’un jeune de 20 ans sur un point de deal à Bellefontaine ? Les policiers de la DCOS (la division de la criminalité organisée et spécialisée), chargés de l’enquête ouverte pour « tentative d’assassinat », vont tenter de le déterminer.
Les protagonistes de ce type d’affaire se montrent cependant rarement loquaces ; restent les vidéos de surveillance, qui pourraient aider à identifier l’assaillant.
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