À quelques heures de la demi finale du Stade Toulousain contre le Racing 92 à Marseille, Yann Roubert était l’invité d’ICI Occitanie ce vendredi. L’occasion pour le président de la Ligue nationale de rugby de revenir sur le succès populaire de la compétition et les règles encadrant les budgets.
À quelques heures de la demi finale du Stade Toulousain contre le Racing 92 en Top 14, Yann Roubert, le président de la Ligue nationale de rugby, était notre invité dans la matinale d’ICI Occitanie ce vendredi. L’occasion de revenir sur le succès de ces phases finales mais aussi les enjeux concernant les règles encadrant les règles du « salary cap ».
ICI Occitanie : On est à quelques heures de la première demi-finale, le Vélodrome qui est plein ce vendredi et ce samedi, on peut déjà dire que c’est un succès cette année encore les phases finales ?
Yann Roubert : Il fait beau, il fait chaud, il y a une ville qui connaît bien le foot, qui connaît bien la voile, qui connaît bien les Jeux Olympiques, mais qui aujourd’hui vibre pour le rugby, donc il y a tout pour que ce soit une belle fête dans un stade qui sera plein. Il y a de la ferveur et de belles équipes, donc toutes les conditions sont réunies.
Quatre équipes sont qualifiées pour ces phases finales, dont seulement Toulouse qui l’était déjà l’an dernier. Il y a du suspens cette année ?
Oui c’est vrai, il y en a eu jusqu’à la dernière journée de la saison régulière pour savoir qui seraient les qualifiés. Il y a effectivement trois demi-finalistes qui n’y étaient pas l’an dernier, cinq qualifiés parmi les six pour les play-offs qui n’y étaient pas l’an dernier, et puis il y a un habitué qui est le Stade Toulousain. Le Stade est triple champion de France, donc il y a tout effectivement pour qu’on ait une belle fête, du suspens et de belles demi-finales.
Marseille est une ville habituée du sport, du foot notamment. On a découvert ce jeudi les villes pour les demi-finales des prochaines années. Il y aura Lyon en 2028, Lille en 2029, Marseille en 2030. À quand Toulouse, ville du rugby ?
C’est vrai que Toulouse est un peu la capitale du rugby avec le Stade Toulousain qui fait briller ça. Il y a chaque année la finale de Pro D2 mais c’est vrai que pour les demies de Top 14, on a beaucoup de demandes donc on a besoin de grands stades. Le Stadium c’est 30.000 places et c’est maintenant malheureusement un peu court pour accueillir des demi-finales parce qu’on sait qu’on va remplir là par exemple 130.000 personnes sur deux jours. Au Stadium ça ne tiendrait pas.
Toulouse a ses chances de soulever une nouvelle fois le bouclier de Brennus. Sur fond, cette année, des affaires du salary cap. Le Stade Toulousain fera un beau champion malgré tout ?
Bien sûr, c’est un beau champion parce que c’est une très belle équipe, c’est la locomotive du rugby français, c’est le club le plus titré, ça ne doit rien au hasard parce qu’il y a une culture du rugby à Toulouse, il y a des grands joueurs, il y a des grands dirigeants, donc il y a tout pour faire un très beau champion. Les trois autres évidemment veulent aussi être champions, donc il y aura de belles demies finales et un beau champion quel qu’il soit, c’est certain.
Quatre mois après l’affaire Dupont-Jelonch, est-ce qu’on a finalement le fin mot de l’histoire, le club toulousain a-t-il triché ?
Je ne sais pas vous dire. Il y a une commission de discipline spécialisée, qui regroupe des professionnels de très haut niveau, qui va se prononcer d’ici le 7 juillet prochain. C’est à eux de délibérer, c’est eux qui rendront leur verdict après avoir eu un débat contradictoire où le club a pu être entendu et a pu faire valoir ses arguments.
La Ligue a requis une amende de près de 5 millions d’euros. Vous souhaiteriez que la sanction de la commission soit plus dure cette fois ?
Je n’ai pas à commenter ce que fait la Commission, qui encore une fois travaille en toute indépendance et en toute impartialité. Moi mon rôle c’est tout simplement de défendre les clubs d’une manière générale et de faire appliquer les règlements qui sont des règlements collectifs, choisis par les clubs et pour les clubs. Ce règlement est collectif et majoritaire, il doit être appliqué. Donc si jamais il y a eu des manquements, ils doivent être sanctionnés. C’est tout simplement ça, défendre l’ensemble des clubs, c’est garantir l’équité et l’impartialité.
Mais aujourd’hui le fait est que de nombreux clubs dépassent le plafond du salary cap. Ne faut-il pas revoir les règles ?
Un règlement, c’est un dispositif vivant, donc on est toujours ouvert au dialogue et à des améliorations qui peuvent être proposées par des clubs ou par des syndicats. C’est l’objet de ce qu’on fait, on l’a fait toute l’année dernière, enfin tout l’automne dernier, pour arriver à des évolutions de ces règles, des évolutions de ce plafond et de certains ajustements, donc effectivement c’est 10,7 millions, ce sera 11 millions la saison prochaine, puis ça remontera jusqu’à 11,3 millions d’ici trois ans. On aura sans doute d’autres débats sur d’autres sujets, d’autres ajustements qu’on peut avoir pour la saison prochaine, mais oui, vous l’avez dit, le salary cap, j’y suis favorable. Encore une fois, toutes les décisions qui sont prises, le sont à la majorité des parties prenantes du rugby français, donc les clubs, mais aussi avec le soutien de la Fédération et des syndicats. Le choix est collectif, il est fait pour les clubs donc évidemment qu’on doit l’appliquer et je pense que le salary cap est un garde-fou absolument essentiel pour notre rugby parce qu’il permet d’avoir une soutenabilité économique. Il ne faut pas oublier qu’il y a une énorme majorité des clubs qui perdent de l’argent donc si la dynamique du rugby est belle, la situation des clubs t difficile, et puis le Salary Cap, il favorise une meilleure répartition de la valeur au bénéfice du plus grand nombre.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555











