EXCLUSIF. Une tentative d’assassinat à la Kalachnikov secoue le quartier de Saint-Simon à Toulouse. Une dizaine de coups de feu ont visé un homme précédemment condamné pour trafic de stupéfiants. Les enquêteurs s’appuient sur la vidéoprotection pour identifier les tireurs.
Une rafale a retenti en pleine nuit. « On a cru que c’était la guerre », explique un riverain, très inquiet. Une dizaine de détonations ont été entendues au cœur du quartier résidentiel de Saint-Simon à Toulouse ce jeudi matin. Par chance, personne n’a été blessé, mais le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat.
Le drame s’est noué aux alentours de trois heures du matin. À cette heure tardive, un appel est adressé à la police nationale. Au téléphone, une femme semble affolée. Elle assure que son mari a été la cible de tirs devant leur domicile. L’homme de 36 ans, très connu de la justice, aurait été piégé en rentrant chez lui. L’arme utilisée semble être une Kalachnikov. Les assaillants ont ouvert le feu avec une volonté manifeste de le tuer, mais la cible est miraculeusement parvenue à s’extirper du déluge de balles. La victime a réussi à prendre la fuite sans être blessée. Sur place, les enquêteurs ont relevé une dizaine de douilles jonchant le sol ou encastrées dans les murs, tandis que la police technique et scientifique passait la scène au peigne fin. Les indices collectés seront ajoutés au fichier informatique pour éventuellement faire un lien avec une arme déjà utilisée lors d’un règlement de comptes.
Une figure du trafic de stupéfiants
Le ou les auteurs sont actuellement en fuite. Le profil de la cible, un trentenaire lourdement condamné par le passé pour trafic de stupéfiants, accrédite la thèse d’un règlement de comptes. C’est une figure respectée dans son milieu qui suscite la crainte.
Les ennemis capables de s’attaquer à lui ne semblent pas très nombreux. Une personne a-t-elle voulu l’exécuter à cause d’un point de deal ou régler un litige ancien ? A-t-elle payé des tueurs à gages pour remplir un contrat ? Si les pistes sont multiples, les enquêteurs comptent désormais sur les images de vidéoprotection pour identifier les assaillants. Cette opération criminelle semble avoir été minutieusement préparée. La division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Toulouse est chargée des investigations. Ce nouvel épisode sanglant fait désormais planer l’ombre d’une « guerre des gangs » sur la Ville rose, faisant craindre une escalade de la violence dans les quartiers périphériques.
Pour rappel, plusieurs fusillades ont éclaté ces dernières semaines dans la Ville rose. Le jeudi 22 janvier, vers 22 h 30 par exemple, une vingtaine de coups de feu ont retenti à l’angle des rues du Lot et de la Martinique. Un commando d’au moins trois individus, circulant à bord d’une Peugeot 208, a ouvert le feu avec des armes de poing et des armes longues. Deux jeunes ont été touchés. L’un, âgé de 20 ans, est mort des suites de ses blessures. L’autre, 16 ans, a survécu.





















