La zone industrielle de Toulouse se transforme sous l’effet des aménagements ferroviaires. In Placards, entreprise de meubles, subit une expropriation. Le gérant dénonce un manque de communication et d’indemnisation.
Au bout de l’avenue des États-Unis à Toulouse, la zone industrielle a des airs fantomatiques. De nombreux locaux sont vacants, et certains ont été démolis. En cause : les aménagements ferroviaires destinés à accroître la capacité de la ligne vers Bordeaux, via la création d’un plateau à quatre voies sur 17 kilomètres entre Matabiau et le futur raccordement à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest.

Au milieu du chantier, une société est toujours en activité : In Placards. Spécialisée dans la fabrication de meubles, elle est gérée par Jean-Marc De Freitas. En juillet dernier, il alertait déjà sur ses difficultés, essuyant une chute brutale de 70 % de son chiffre d’affaires mensuel, face au début des travaux.
Une prime d’éviction ?
Depuis, il tente tant bien que mal de poursuivre ses activités. Mais il y a quelques jours, il reçoit une « attestation d’expropriation », envoyée par un huissier. Ce courrier indique que le bâtiment industriel qu’il loue et dans lequel il est installé depuis 30 ans, appartient désormais à la SNCF. « Comment c’est possible de recevoir ça sans être prévenu au préalable ? », s’insurge le gérant.
Il exploite ce local auprès de la société Neves, via un contrat de location-gérance. La procédure aurait donc été conclue entre le propriétaire et la SNCF, sans avertir le locataire, et sans lui permettre une compensation financière pour quitter les lieux. « On ne demande pas grand-chose, juste une prime d’éviction : de quoi avoir assez d’argent pour s’installer ailleurs. J’ai l’impression qu’on veut nous laisser pourrir. Ce sont des pratiques de voyous, alors qu’on a toujours voulu faire les choses dans les règles », regrette Jean-Marc De Freitas.
De son côté, le propriétaire nie toute responsabilité. « Je ne peux pas interférer dans l’accord qu’il doit passer avec la SNCF, ce n’est pas à moi de l’indemniser, indique Tony Neves. On a un contentieux : il ne me paye plus de loyer depuis un an et demi. C’est une situation compliquée. »
Pourtant, selon la SNCF Réseau, il revient bien au propriétaire de gérer cette situation : « Quand il y a expropriation, on met en place une prime d’éviction en accord avec le propriétaire, qu’il doit retranscrire auprès de son locataire. Dans ce cas précis, il s’était bien engagé à exproprier Monsieur De Freitas avant la transaction de vente. Il semblerait que ça n’ait pas été fait. »
Des vidéos sur TikTok
« Nous avons très régulièrement des contacts avec In Placards, poursuit la société ferroviaire. On a mis en place des aménagements de chantier pour faire en sorte que ce soit le moins violent possible, on a complètement conscience qu’il pâtit de cette situation. »
Depuis le début des travaux, le local a été tagué à plusieurs reprises, des particuliers viennent déposer des déchets tout autour, pensant que le site est abandonné. Le réseau internet aurait également été coupé à cause d’interventions sur les câbles. Jean-Marc De Freitas a ouvert un compte TikTok pour tenter de se faire entendre, et prévoit d’adresser une nouvelle lettre aux services préfectoraux.




















